Installation et isolation toiture

Étapes de construction de la toiture, de l’installation et l’isolation à l’aménagement

27 Mai 2020
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Sommaire

Le toit est un élément fondamental de la maison. Sa fonction est en effet de protéger la maison et ses habitants des intempéries, du froid et du vent de manière durable. Les travaux de réalisation du toit ou toute opération de rénovation ne doit donc pas être prise à la légère, et nécessite une étude précise, et un savoir-faire que maîtrise parfaitement le couvreur. Pour bien suivre les étapes de construction d’une toiture, voici un récapitulatif des points à bien garder en tête et des choix que vous aurez à faire. 

Quel que soit le type de toit pour lequel vous optez, il y a différentes étapes essentielles à ne pas négliger :

  • la sécurisation du terrain, du chantier et la pose d’échafaudage ;
  • la pose de la charpente ;
  • la question de l’isolation et de l’étanchéité à l’air ; 
  • la pose de la couverture (revêtement du toit) et de l’évacuation des eaux de pluie
  • les différents éléments d’aménagement des combles (fenêtres, ventilation).

Choisir son type de toit : toit plat ou toiture traditionnelle ?

Que vous meniez des travaux de construction ou de rénovation, la première étape consiste à vous poser une question essentielle concernant la toiture est : quel type de toit souhaitez-vous privilégier ? S’il existe une multitude de types de toit, 2 sont aujourd’hui largement favorisés :  le toit en pente et le toit plat. 

Le toit plat, ou toit-terrasse, est un choix qui apporte un style plus moderne et contemporain à votre maison. Ce type de toit offre une plus grande liberté dans la conception des plans. Il est cependant important de vous renseigner auprès de la commune pour vérifier que le PLU (Plan local d’urbanisme) l’autorise sur tout ou partie de la maison. 

La toiture traditionnelle, à 2 pentes, présente d’autres atouts. La configuration du toit en pente peut permettre d’atteindre une performance au niveau de l’isolation thermique beaucoup plus élevée à budget égal. Pour une maison dotée de combles perdus, le soufflage de flocons de laine de verre, ou de laine de roche, ou encore de ouate de cellulose peut atteindre plus de 30 cm d’épaisseur, réduisant ainsi au maximum les pertes de chaleur. Sur le toit-terrasse, l’isolant sera placé côté extérieur, sous l’étanchéité, atteignant en général 8 à 12 cm d’épaisseur. Autre atout, les matériaux d’isolation et de couverture (tuiles, ardoises…) utilisé sur un toit traditionnel absorbent davantage le bruit que les toits plats. L’isolation acoustique est donc meilleure. Enfin, une habitation dotée d’un toit traditionnel offre la possibilité d’augmenter la surface habitable en aménageant les combles sous le toit.

Bon A Savoir

Le PLU ou Plan Local d’Urbanisme règlemente la possibilité de construire ou non, et précise certaines caractéristiques pour les constructions, comme par exemple :

  • le type de toit que vous pouvez construire, notamment les matériaux de couverture (tuiles, ardoises, zinc…) ;
  • la possibilité ou non d’installer une fenêtre de toit ;
  • la hauteur maximale à ne pas dépasser.

Il est donc essentiel de bien vous renseigner en amont de vos travaux de construction ou de rénovation pour savoir ce que vous pouvez faire ou non. Un couvreur saura aussi vous renseigner pour vous aider à faire le bon choix et vous accompagner dans vos démarches. 

Installation de la charpente 

La charpente, qui constitue l’ossature de la toiture, est un élément à ne pas négliger. Son rôle est de maintenir la couverture du toit en place, quelles que soient les conditions climatiques du lieu où se trouve votre future maison. Elle sera donc adaptée et proportionnée aux éléments de couverture mis en place. Son installation est l’une des étapes clés des travaux de construction d’une toiture. 

La charpente peut être de plusieurs types :

  • charpente traditionnelle ;
  • charpente dite industrielle ;
  • charpente en lamellé-collé ;
  • charpente métallique ;
  • charpente en béton. 

En fonction du type de toit, du nombre de pentes, et de la dimension du projet, le type de charpente souhaité pourra être défini plus précisément. Le charpentier vous orientera davantage vers une charpente traditionnelle, au cœur de son savoir-faire. Un constructeur de maison optera davantage pour la charpente industrielle, plus rapide à mettre en œuvre et moins onéreuse. La charpente en lamellé-collé sera adaptée à des grandes portées pour des grands espaces de vie. La charpente métallique ou en béton sera privilégiée pour les toits plats.

Dans tous les cas, la charpente devra soutenir les charges de la couverture elle-même, les charges liées aux contraintes climatiques, mais aussi les charges de circulation en cas de toit-terrasse circulable.

Astuce

Pensez au placement des ouvertures au moment de la conception de la charpente, même si celles-ci ne sont pas prévues dans un premier temps. Cela limitera en effet les coûts si vous optez pour des travaux d’aménagement des combles dans un second temps.

La question de l’isolation et de l’étanchéité à l’air

L’isolation thermique de la toiture peut être réalisée à différentes étapes de la construction :

  • entre la charpente et la couverture, technique que l’on appelle aussi sarking ;
  • sous la charpente (sur les rampants, partie inclinée du toit) lorsque les combles sont aménagés ;
  • sur le plancher, lorsque les combles ne sont pas utilisés ;
  • entre la charpente et l’étanchéité pour les toits plats.

Vous trouverez plusieurs types d’isolants, à choisir selon la technique d’isolation thermique préconisée, qui présentent tous des avantages et des inconvénients.

  • La laine de verre, à la qualité d’isolation éprouvée, reste la plus économique, avec des qualités également acoustiques. Cet isolant se posera davantage sous la charpente ou sur le sol.
  • La laine de roche, qui ne craint pas le feu, est reconnue pour ses qualités acoustiques. Elle peut être utilisée dans les différentes situations d’isolation (des versions très denses existent pour se poser en sarking ou pour les toits plats).
  • Le polyuréthane, le plus performant thermiquement, présenté en panneaux rigides, est adapté en sarking ou sur les toits plats.
  • La ouate de cellulose, plus souvent déclinée en flocons soufflés dans les combles perdus, est une alternative économique à la laine de verre ou de roche pour isoler une toiture.
  • La fibre de bois, plus naturelle, permet une bonne régulation de l’hygrométrie (degré d’humidité) dans l’habitat.
  • Le polystyrène expansé est léger et imperméable, ce qui, comme le polyuréthane, le rend adapté au sarking, ou aux toits plats.
  • Le polystyrène expansé, tout aussi léger et imperméable, présente une meilleure performance thermique que le polystyrène expansé, et s’utilise dans les mêmes conditions.

Il est important de bien connaître les avantages, inconvénients et prix de chaque isolant pour trouver celui le plus adapté à vos travaux. Découvrez le comparatif Ootravaux des différents isolants. 

Bon A Savoir

Il ne faut pas poser l’isolant en contact direct avec les matériaux de couverture. Une lame d’air de 2 cm minimum est nécessaire pour assurer la pérennité de la toiture.

Afin de préserver les qualités de l’isolation thermique dans le temps et de limiter les consommations d’énergie (notamment de chauffage) liées aux pertes d’air des bâtiments, il existe des écrans dont les fonctions sont essentielles pour assurer la pérennité du toit.

  • L’écran de sous-toiture HPV (haute perméabilité à la vapeur d’eau), appelé aussi écran respirant, empêche la pluie, le vent et l’air d’apporter de l’humidité dans l’isolant. Il se place entre la couverture et l’isolant.
  • Le pare-vapeur est une membrane qui sert à empêcher le passage et la stagnation de la vapeur d’eau dans les parois de la maison. Il est situé entre le parement (lambris, placo) et l’isolant évitant ainsi le phénomène de condensation.
Bon A Savoir

Pour une meilleure efficacité d’isolation, le pare-vapeur doit avoir une valeur Sd supérieure ou égale à 18 m ou 90 m, suivant la configuration de la paroi, et être continu afin d’éviter toute fuite d’air chaud vers le comble froid. La valeur Sd caractérise la capacité d'un produit à ne pas laisser passer l'humidité. Elle s'exprime en mètre et plus sa valeur est grande, moins il laissera l'humidité le traverser.

Rendus obligatoires par la règlementation thermique (RT 2012), le pare-vapeur et l’écran de sous-toiture devront être mis en œuvre soigneusement pour optimiser les performances de l’isolant choisi, tant en isolation de combles perdus qu’en rampant de toiture (partie inclinée du toit).

Pose de la couverture et des systèmes d’évacuation des eaux de pluie

Tout comme pour la charpente, il est important de se renseigner auprès de sa commune pour vérifier quels matériaux de revêtement de toiture vous pouvez employer (tuiles, ardoises, zinc…). Pensez également à vérifier si le matériau employé est adapté à la pente du toit pour vous prémunir d’une dégradation anticipée de celui-ci. Echangez avec votre couvreur pour bien comprendre les solutions envisageables dans le cadre de votre projet de travaux, et ainsi faire un choix éclairé.

Ainsi un toit plat devra respecter une pente minimum de 1 % (1 cm par mètre), un toit en zinc ou bac acier entre 5 et 15 %, un toit en tuiles ou en ardoises entre 35 et 70 %. Ces valeurs seront déterminées par le matériau utilisé, la zone climatique où se situe votre future maison et l’exposition aux vents de celle-ci.

Bon A Savoir

La pente correspond à l'inclinaison d'une surface par rapport à l'horizontale. La détermination de la pente constitue une étape clé. Elle peut être mesurée selon un angle en degrés, ou encore en pourcentage, c'est à dire selon le rapport hauteur sur longueur multiplié par 100. Une pente à 30 % correspond à une élévation de 30 cm par mètre horizontal parcouru, et équivaut à 16°7.

Aussi, de manière à faire face aux tempêtes de plus en plus fréquentes, il existe des règles sur la fixation de ces matériaux, quel que soit le type de toit. Par exemple, une habitation proche de la mer pourra avoir toutes ses tuiles fixées au moyen d’un crochet spécial adapté alors qu’une maison plus éloignée, en zone plus abritée, n’aura qu’une tuile sur 5 fixée.

Bon A Savoir

Des règles professionnelles, appelées DTU (Document Technique Unifié) existent pour la mise en œuvre des matériaux. Y sont précisés les pentes minimales et différentes règles de calcul.

Enfin, l’évacuation des eaux de pluies doit se faire sans stagnation sur le toit. Les systèmes d’évacuation, qu’il s’agisse de gouttières ou de chéneaux, doivent permettre une évacuation rapide des eaux de pluie et par conséquent être bien dimensionnées par rapport à la surface du toit. On utilisera des gouttières de plus grande capacité sur des grands toits, ou dans le sud de la France où les orages sont plus violents que dans le Nord. De même, il faudra prévoir un entretien régulier de ces gouttières ou chéneaux, et enlever les feuilles et débris qui peuvent s’y déposer dans le temps. 

Bon A Savoir

Les chéneaux et gouttières collectent tous les deux les eaux de pluie mais leur différence est due à leur emplacement sur la toiture. Le chéneau est intégré directement dans le gros œuvre, souvent entre 2 toits ou entre un toit et un mur, tandis que la gouttière est apparente, qu’elle soit rampante le long du toit ou pendante en bas de la pente.

Vous pourrez aussi collecter les eaux de pluie grâce à un récupérateur, enterré ou non, qui sera directement raccordé au tuyau de descente pour une utilisation personnelle (arrosage ou lavage par exemple). De plus, canaliser ces volumes d’eau permet d’éviter des dégâts (inondations) ou remontées d’humidité au pied de la maison.

Les éléments pour préparer l’aménagement éventuel des combles

Aménager ses combles en pièce à vivre permet d’agrandir sa maison en optimisant les volumes à disposition sous le toit. Si l’aménagement en tant que tel constitue la dernière étape dans une construction de toiture, il convient de bien l’anticiper. Pour pouvoir le faire, vous devez veiller à plusieurs points importants.

  • Les combles doivent présenter une surface et un volume minimum, ainsi qu’une hauteur sous plafond d’au moins 1,80 m pour pouvoir y vivre.
  • Si l’aménagement de combles implique une création de surface de plancher supérieure à 20 m² (40 m² dans certains cas), il pourra être nécessaire de demander un permis de construire. Les travaux d'aménagement de combles n'engageant aucune modification extérieure ni création de surface de sol (rajouter un escalier d'accès par exemple) ne nécessitent aucune formalité.
  • Aménager ses combles en pièce à vivre nécessite de réaliser une bonne isolation thermique, et ainsi réduire vos factures de chauffage. 
  • La luminosité de la future pièce est primordiale. Pensez dès le début du projet à prévoir assez d'ouvertures (fenêtres de toit) pour obtenir une pièce assez lumineuse. La mise en place d’ouvertures peut être soumise à des autorisations (permis de construire éventuel, respect des distances avec les autres constructions).
  • L’accès à cette nouvelle pièce doit être facilité en prévoyant un escalier qui permettra notamment de faire passer les meubles.
  • Si des aménagements en pièce à vivre tels que salle de bain ou cuisine sont prévus, pensez à vérifier que la charge supplémentaire des équipements sera supportée par le plancher et que les raccordements ou évacuations sont bien placées (souvent au-dessus de celles du rez-de-chaussée).
Bon A Savoir

La surface de plancher de la construction s'entend de la somme des surfaces de plancher closes ou couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment. Le seuil de création de surface est porté à 40 m² dans le cas où le terrain se situe en zone urbaine, à moins que la surface totale de la maison après travaux dépasse les 170 m², auquel cas le permis de construire sera obligatoire ainsi que le recours à un architecte.

L’importance d’être bien accompagné pour une construction de toiture

Vous l’aurez compris, de la conception à la construction, ou l’aménagement des combles, en passant par les démarches administratives nécessaires, il est important d’être bien accompagné par des couvreurs professionnels qui sauront vous orienter à chaque étape de votre projet et éventuellement vous proposer différents services :

  • études techniques ;
  • travaux à la carte ;
  • démarches administratives ;
  • respect des règlementations thermiques en vigueur ;
  • aides et dispositifs de financement à déduire éventuellement des prix annoncés ;
  • optimisation de l’architecture ;
  • optimisation de l’aménagement de combles.

En amont de votre projet, n’hésitez pas à solliciter plusieurs professionnels (maître d’œuvre, couvreur…) et à bien comparer les prix en fonction des devis qu’ils vous fourniront.