Techniques d'isolation des combles

Comment isoler vos combles ?

22 juillet 2020
Isolation de toiture
Sommaire

Qu’il s’agisse de combles perdus ou de combles aménagés, isoler thermiquement cette partie de votre maison peut vous permettre de réduire de près de 30 % les déperditions de chaleur de votre maison. À la clé : des économies d’énergie, donc des factures de chauffage réduites, et un confort accru. De nombreuses solutions existent pour isoler vos combles. Quelles sont les techniques d’isolation thermique les plus appropriées ? Quel isolant choisir ? Quel budget envisager ? À qui faire appel ? Ootravaux fait le point sur ce qu’il faut savoir pour bien isoler vos combles.    

Combles perdus ou combles aménageables ?

Pour choisir la bonne technique d’isolation thermique, il est important de connaître la différence entre combles perdus et combles aménagés, en particulier, si vous souhaitez aménager les espaces sous le toit ultérieurement.

Les combles perdus, par conséquent non habitables, peuvent être difficiles à aménager pour plusieurs raisons.

  • Une hauteur sous toit insuffisante : il est recommandé d’avoir au moins 1,80 m pour pouvoir circuler librement.
  • Un accès aux combles impossible : il peut s’avérer difficile d’aménager un accès ou un escalier pour accéder à cette partie de la maison.
  • Un accès dans les combles entravé par la charpente : l’enchevêtrement des fermettes de la charpente rend impossible tout aménagement

Les combles aménagés, ou aménageables, en revanche, peuvent être, comme leur nom l’indique, aménagés en lieu de vie, chambre, bureau ou pièces complémentaires. En effet, la configuration de la charpente, la hauteur sous toit, et l’accès peuvent permettent aisément de prévoir un aménagement. L’isolation employée sera de préférence installée sur les rampants du toit, c'est-à-dire la partie inclinée du toit. Celle-ci doit être optimale pour assurer votre confort dans les pièces situées sous le toit. 

Les techniques d'isolation des combles

Isolation thermique et combles perdus

Pour les combles perdus, difficilement accessibles, voire inaccessibles par l’intérieur, la méthode du soufflage s’impose. Le soufflage consiste à souffler un isolant sous forme de flocons au moyen d’un tuyau flexible et d’une machine à souffler. S’il n’y a pas de trappe d’accès aux combles, il suffit d’accéder par l’extérieur du toit et d’enlever quelques tuiles ou ardoises pour permettre le soufflage qui enverra l’isolant dans les moindres recoins de vos combles. 

L’isolant pourra alors être de la laine de verre, de la laine de roche ou encore de la ouate de cellulose dont les performances thermiques sont à peu près similaires. L’épaisseur installée fera varier la capacité isolante. Plus elle est élevée, meilleure sera la capacité isolante. Il est recommandé d’installer une épaisseur supérieure à 30 cm pour avoir une bonne qualité d’isolation thermique. Attention cependant au choix de l’isolant, car les flocons soufflés peuvent se tasser avec le temps, et votre isolation perdra en efficacité. Il faudra aussi veiller à protéger les spots éventuels, les coffrets ou gaines électriques et assurer une distance de sécurité minimum avec les conduits de fumées, afin d’éviter le risque d’incendie. 

Bon A Savoir

Pour choisir le bon isolant et évaluer sa performance, vous devez prendre en compte plusieurs critères.

  • La conductivité thermique de l’isolant (λ - lambda) : sa valeur, exprimée en W/m.K, est intrinsèque à chaque isolant  et est en général comprise entre 0,020 et 0,045 W/m.K. Plus le chiffre est faible, plus la performance est élevée.
  • La résistance thermique (R) : c’est la capacité du matériau à résister au chaud ou au froid. Plus R est élevé, plus le produit est isolant. La résistance augmente avec l’épaisseur choisie. En toiture, un R supérieur à 6 est préconisé pour garantir une bonne isolation thermique.
  • L’épaisseur de l’isolant (en cm) : dans des combles aménagés, cette notion est importante, car plus l’épaisseur est faible, plus on gagnera en espace sous toit. On choisira alors un matériau ayant une meilleure conductivité thermique.  

> Tous les conseils pour bien choisir un isolant de toiture

Pour les combles perdus accessibles, vous pourrez employer cette technique de soufflage, ou dérouler simplement des rouleaux d’isolant sur le plancher. Les matériaux les plus répandus sont la laine de verre ou la laine de roche (qui sont des laines minérales), mais vous pouvez aussi opter pour des isolants dits écologiques comme la fibre de bois, le lin, la laine de coton ou la laine de chanvre par exemple, ou encore pour l’ouate de cellulose. Si le plancher est relativement plat, vous pourrez installer un pare-vapeur entre le plancher et l’isolant.

Bon A Savoir

Un pare-vapeur est un matériau sous forme de feuille ou de membrane qui sert à empêcher le passage et la stagnation de la vapeur d’eau dans les parois ou le sol d’une habitation. Il est placé sur les surfaces intérieures (plafond ou mur) entre le parement et l’isolant évitant ainsi un phénomène de condensation. 

Isolation thermique et combles aménageables

Pour les combles aménagés, il faudra isoler les rampants de la toiture, soit par l’intérieur, sous la charpente, soit par l’extérieur, par une méthode appelée sarking, avec la pose d’un isolant entre la charpente et les éléments de couverture. 

L’isolation par l’extérieur pourra être privilégiée dans le cas d’un agrandissement de votre maison, ou de la rénovation de votre toiture, car il vous faudra enlever les tuiles ou les ardoises, ainsi que les liteaux pour poser l’isolant sur la charpente. Elle aura en revanche l’avantage de ne pas toucher aux aménagements intérieurs déjà présents, si les pièces étaient déjà aménagées. L’isolant choisi se présentera sous forme de panneaux rigides sur lequel reposeront ensuite les matériaux de couverture : le polyuréthane est le plus couramment employé, mais vous pourrez opter pour de la laine de roche ou de la laine de bois compressée. Là aussi les performances dépendront de l’épaisseur installée, quel que soit l’isolant choisi.

Pour l’isolation par l’intérieur, en revanche, il vous faudra entièrement refaire les parements des pièces puisque l’isolant sera positionné entre les chevrons, et sous les chevrons au moyen de suspentes qui le maintiendront fixé à la charpente. Les rails fixés sur ces suspentes vous permettront de fixer le parement choisi (plaque de plâtre ou lambris). L’isolant choisi pourra être en laine de verre, laine de roche, panneau de fibre de bois, polyuréthane, polystyrène expansé ou polystyrène extrudé. 


Prix et aides pour l’isolation de vos combles

Le budget pour isoler ses combles perdus varie de 6 € par m² pour une laine minérale à souffler (laine de verre et laine de roche) à environ 20 € par m² pour les produits en rouleaux, auquel il faudra rajouter entre 20 et 30 € par m² pour la main d’œuvre. 

Pour les combles aménagés, le budget sera plus important. Par l’extérieur, il faudra compter entre 150 et 200 € par m² selon l’isolant choisi avec la main d’œuvre, et un prix de 35 à 75 € par m² pour une isolation par l’intérieur.

Cependant, il existe aujourd’hui un certain nombre d’aides financières qui concernent les travaux améliorant la performance énergétique de votre habitation. La plupart d’entre elles nécessitent que vos travaux soient effectués par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

En 2020, vous pouvez prétendre à de nombreuses aides, prêts ou subventionnements, qui vous permettront de réduire considérablement votre facture finale, voire même de l’annuler presque complètement. Voici une liste non-exhaustive.

  • Les aides des fournisseurs d'énergie (prime énergie ou dispositif des certificats d’économie d’énergie - CEE) : conditionnées à des plafonds de ressources, versées sous forme de primes, elles peuvent aller jusqu’à 20 €/m², dès lors que les travaux permettent d’améliorer la performance énergétique du logement tout en respectant des exigences de performances minimales. Sous certaines conditions d’éligibilité (zone climatique, taille du foyer, revenu fiscal), les travaux d’isolation des combles peuvent vous coûter seulement 1 €.
  • Les subventions de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) : conditionnées à des plafonds de ressources, elles peuvent atteindre 100 € par m² dans la limite de 20 000 € par logement.
  • Le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) : conditionné à des plafonds de ressources, pour les propriétaires occupants, il peut atteindre 50 € par m².
  • L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : prêt à taux d’intérêt nul, ce financement est accessible sans condition de ressources et peut atteindre 30 000 €.
  • La prime « coup de pouce isolation » : cette prime, accessible sous conditions de ressources, permet de réaliser des économies de 10 à 20 € par m² isolé. 
  • Le programme « Habiter Mieux » de l'Anah : pour les propriétaires occupants ou propriétaires bailleurs, conditionnée à des plafonds de ressources, cette aide peut atteindre un financement de 50 % du montant total des travaux (hors taxe) et 10 000 € maximum en permettant un gain énergétique d’au moins 25 %.
  • Les aides des collectivités locales : certaines régions, départements, intercommunalités ou communes peuvent accorder des aides complémentaires aux aides nationales dans le cadre de la réalisation de travaux d’amélioration de la performance énergétique.
  • L'aide de votre caisse de retraite : si vous êtes retraité du régime général, vous pouvez éventuellement bénéficier d’aides pour la réalisation de travaux d’isolation des pièces de vie.
Bon A Savoir

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique, qui disparaîtra en janvier 2021, est progressivement remplacé par MaPrimeRénov’, une prime aux travaux destinés aux ménages aux revenus modestes. 

Pour les mêmes travaux, vous pouvez cumuler plusieurs de ces aides. De plus, pour l’ensemble des travaux d’isolation des combles, perdus ou aménagés, vous pouvez bénéficier d’un taux de TVA réduit à 5,5 % sur les prix appliqués.

À qui faire appel ?

Un certain nombre d’entreprises sont spécialisées dans l’isolation des combles, certaines plus particulièrement dans le soufflage pour combles perdus, d’autres pour l’isolation des combles aménagés. L’isolation des combles aménagés pourra aussi être réalisée par un plâtrier plaquiste. Pour l’isolation par l’extérieur en revanche, il faudra faire appel à un couvreur qui assurera la mise en place des matériaux de couverture par la suite.

Quelle que soit l’entreprise, il est important qu’elle soit qualifiée RGE ; cela garantit un savoir-faire ou une spécialisation dans la performance énergétique, d’une part, mais vous permettra aussi, d’autre part, de bénéficier des différentes aides et avantages fiscaux auxquelles vous pouvez prétendre. En recourant à un professionnel RGE, vous vous assurez également que l'entreprise est inscrite au Registre du Commerce et des Sociétés ou au Répertoire des Métiers et qu’elle dispose des assurances couvrant sa responsabilité.

Avant de faire votre choix, sollicitez bien l’avis de plusieurs professionnels et demandez plusieurs devis afin de bien pouvoir comparer les prix et les prestations. 

 

A Retenir
  1. Selon que les combles de votre maison sont perdus (donc non habitables) ou aménageables, la technique d’isolation et les isolants choisis ne seront pas les mêmes. Dans tous les cas, il est essentiel de bien penser l’isolation des combles, gage de votre confort, d’une réduction des pertes de chaleur et donc d’économies d’énergie (chauffage).
  2. Pour les combles perdus et difficilement voire non accessibles, la technique du soufflage sera privilégiée. Parmi les isolants, la laine de verre, la laine de roche ou encore de la ouate de cellulose seront privilégiées.
  3. Pour les combles perdus mais accessibles, la technique de soufflage pourra être préconisée. Il est également possible de dérouler des rouleaux d’isolant sur le sol. 
  4. Pour des combles aménageables, l’isolation des rampants peut se faire par l’extérieur ou l’intérieur.
  5. Avant de vous lancer dans des travaux d’isolation thermique, il est essentiel de bien connaître les prix (en demandant plusieurs devis à des professionnels notamment), pour préciser votre budget, ainsi que les aides existantes (primes, subventions, éco-PTZ…).  

 

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