Isoler votre maison par l’extérieur ? Une solution très efficace pour éviter les déperditions de chaleur, faire des économies d’énergie et sans perdre de l’espace intérieur. Si vous avez commencé à vous intéresser au sujet, vous avez peut-être remarqué qu’il existe de nombreux isolants. Et il peut être difficile de s’y retrouver tant il y a de critères à comparer, au-delà des performances thermiques et du prix. C’est là que Ootravaux intervient ! Prenez votre temps : voici toutes les infos dont vous avez besoin pour trouver « la » meilleure solution d’isolation extérieure pour votre logement.
L'essentiel
- La meilleure isolation extérieure pour votre logement est un compromis entre plusieurs critères comme la performance, les contraintes architecturales et le prix.
- Si vous donnez la priorité à votre budget, regardez du côté des laines minérales (verre ou roche) qui affichent un excellent rapport qualité/prix.
- Pour une isolation écologique et un confort optimal en été, les isolants naturels et biosourcés (chanvre, fibre de bois, liège) sont très efficaces mais plus coûteux.
- Les matériaux synthétiques comme le polystyrène et la mousse résolique sont des options idéales pour les petits espaces, avec un niveau de performance élevé.
Isolation thermique par l’extérieur : tableau récapitulatif
| Type d’isolant | Performances techniques | Environnement / Prix |
|---|---|---|
| Laine de verre | λ = 0,030 à 0,040 W/m·K · Ép. 11 cm · Déphasage 4 à 5 h | Non renouvelable · 2 à 40 €/m² |
| Laine de roche | λ = 0,033 à 0,042 W/m·K · Ép. 12 cm · Déphasage 6 h | Non renouvelable · 3 à 30 €/m² |
| Fibre de bois | λ = 0,041 à 0,050 W/m·K · Ép. 15 cm · Déphasage 12 h | Naturel et biosourcé · 20 à 65 €/m² |
| Laine de chanvre | λ = 0,039 à 0,050 W/m·K · Ép. 14 cm · Déphasage 10 h | Naturel et biosourcé · 15 à 25 €/m² |
| Liège | λ = 0,038 à 0,043 W/m·K · Ép. 14 cm · Déphasage 12 h | Naturel et biosourcé · 50 à 70 €/m² |
| Polystyrène | λ = 0,030 à 0,039 W/m·K · Ép. 11 cm · Déphasage 4 h | Mauvais bilan carbone · 10 à 25 €/m² |
| Mousse résolique | λ = 0,022 W/m·K · Ép. 8 cm · Déphasage 4 h | Mauvais bilan carbone · 50 à 100 €/m² |
Quels sont les critères à considérer lors du choix d'un isolant pour une ITE ?
L'isolation thermique par l’extérieur (ITE) est appliquée sur les murs extérieurs de la maison. Elle est constituée :
- D’un isolant ;
- D’une technique de finition (bardage, panneaux ou enduit).
C’est surtout le choix du matériau isolant qui fait la différence en matière de confort et d’économies d’énergie. Pour trouver « le bon », il y a plusieurs critères à étudier : voici lesquels.
Les contraintes architecturales et l’urbanisme
Avant de parler performance, le choix d’une isolation extérieure peut être contraint par la configuration de votre maison : la présence de balcons, une mitoyenneté, les menuiseries, etc. Tout cela joue sur l’espace disponible pour accueillir l’isolant. Cela va éliminer d’office certains matériaux qui ont besoin d’épaisseurs importantes pour remplir les objectifs thermiques.
Les règles locales d’urbanisme ont aussi un impact. S’il existe un Plan Local d’Urbanisme (PLU) ou si vous habitez en secteur sauvegardé, vous devrez prendre en compte certaines règles spécifiques. Pensez à vous renseigner auprès de la mairie pour connaître les options autorisées et/ou proscrites, notamment pour la sélection d’un bardage ou d’un enduit.
Le mix entre performance attendue et propriétés de l’isolant
Plusieurs données chiffrées vous aident à évaluer les performances des isolants disponibles en ITE : la résistance thermique attendue, la conductivité thermique du matériau et l’épaisseur à poser.
- La résistance thermique R en m² kelvin par watt (m². K/W) désigne la capacité d’un matériau à résister aux variations de température. Plus elle est élevée, plus le produit est efficace. Il s’agit d’une variable, qui dépend de l’épaisseur de l’isolant et de la conductivité thermique – ou coefficient lambda (λ) – de celui-ci. Retenez que pour une ITE, il faut atteindre 3,7 m². K/W pour bénéficier d’aides financières à la rénovation énergétique (parfois plus selon l’ampleur des rénovations).
- La conductivité thermique (λ) est une donnée fixe, propre à chaque isolant. Ce chiffre, en watts par mètre-kelvin (W/m·K), renseigne sur la quantité de chaleur qui peut traverser un matériau. Plus le coefficient λ est faible, plus il est intéressant pour éviter les déperditions.
Ensuite, place aux calculs : R = coefficient lambda / épaisseur. Ou épaisseur (en m) = R x λ. En fonction de la conductivité d’un matériau, il faudra poser une couche plus ou moins épaisse pour atteindre la résistance souhaitée.
Le déphasage thermique
Cette donnée a toute son importance, surtout en été. Le déphasage thermique désigne le nombre d’heures qu’il faut à un matériau pour restituer la chaleur dans le logement : plus cette durée est élevée, plus la chaleur est restituée tard, pendant la nuit. Les isolants les plus performants du marché affichent un déphasage de 12 heures, ce qui est parfait. Mais une durée de 8 heures est déjà très correcte.
Notez que si un isolant présente un court temps de déphasage, ce point peut être compensé en ajoutant des épaisseurs. N'hésitez pas à demander des conseils à des professionnels.
L’aspect écologique
Si l’impact environnemental a de l’importance pour vous, il s’agit d’un critère supplémentaire de sélection. Auquel cas, n’hésitez pas à vous tourner vers des isolants naturels et écologiques qui ont une faible empreinte carbone et qui peuvent être recyclés.
La régulation de l’humidité
En extérieur, les matériaux sont soumis aux intempéries, plus ou moins fortement, selon le climat local. Dans une région pluvieuse, il faudra accorder une attention particulière à la résistance de l’isolant à l’humidité (ou en tout cas prendre des mesures spécifiques avec un pare-vapeur). Cela vaut particulièrement pour la rénovation des murs des maisons anciennes, plus sensibles à l’humidité.
La durabilité et la résistance
Certains isolants sont plus sujets que d’autres au tassement. Auquel cas, il faut prévoir des couches épaisses de matériau pour compenser cet inconvénient. Selon la configuration du lieu, ce n’est pas toujours possible.
Bardage ou enduit ? La question de la finition
Le choix d’une finition est indispensable pour isoler un logement par les extérieurs. Pour trancher entre un bardage ou un enduit, il y aura d’autres critères à étudier comme :
- Le côté esthétique ;
- La compatibilité avec les isolants, qui n’est pas systématique ;
- La facilité d’entretien ;
- Le prix des fournitures et de la pose.
Pour composer le bon mix avec les isolants, n’hésitez pas à demander des conseils à un professionnel.
Le prix
Votre budget pèse dans la balance même s’il existe des dispositifs d’aide. Ainsi, les prix des matériaux au m² sont très variables, de même que les tarifs de la main-d’œuvre. Ootravaux vous conseille de demander au moins 3 devis à des professionnels de l’isolation pour comparer les prix et choisir la meilleure offre.
AstuceVeillez à choisir des entreprises qui ont le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) pour pouvoir prétendre aux aides de l’État.
Retenez que vous devez additionner le prix de l’isolant et celui de la finition. Pour un bardage (bois, PVC, métal ou composite), il faudra ajouter entre 20 et 150 euros du m² (1) hors pose à la facture de vos travaux d’isolation. Pour de l’enduit, le coût se situe entre 85 et 180 euros/m² (1) pose comprise.
Quels sont les différents types d'isolants disponibles pour l'ITE ?
Laines minérales, isolants écologiques ou matériaux synthétiques : quel est le meilleur produit pour votre logement ? Voici les principaux isolants utilisés en isolation thermique par l’extérieur, leurs caractéristiques et leur prix.
Laine de verre et laine de roche : le bon rapport qualité/prix
Laine de verre
Vous connaissez la laine de verre pour isoler vos combles, mais elle convient aussi pour isoler des murs par l’extérieur. Parmi ses avantages :
- Un bon rapport qualité/prix : de 2 à 40 euros du m² (1) hors pose ;
- Une conductivité thermique intéressante, comprise entre 0,030 à 0,040 W/m·K ;
- La simplicité de pose.
En revanche, la laine de verre s’avère moins efficace en été avec un faible temps de déphasage (4 à 5 h). Elle est aussi plus sensible à l’humidité que d’autres produits.
Laine de roche
La laine de roche est une autre laine minérale, avec des caractéristiques très proches de celles de la laine de verre. Le budget est raisonnable pour ses performances : de 3 à 30 euros du m² (1) selon épaisseur, et une conductivité de 0,033 à 0,042 W/m·K. Léger avantage pour le confort d’été par rapport à la laine de verre, avec un déphasage de 6 heures.
Isolants naturels et biosourcés : durabilité et confort d’été
Fibre de bois
La fibre de bois fait partie des isolants écologiques : un premier argument à considérer. Si votre maison est particulièrement exposée à la chaleur, c’est l’un des meilleurs choix possibles. Son temps de déphasage est en effet estimé à 12 heures.
Le revers de la médaille ? Un prix relativement élevé, entre 20 et 65 euros du m² (1) hors pose. La conductivité thermique un peu moins favorable (0,041 à 0,050 W/m·K) impose aussi de poser des panneaux épais pour une isolation performante : au moins 15 cm pour R = 3,7 m². K/W.
Laine de chanvre
La laine de chanvre est une autre solution efficace en ITE dans la famille des isolants biosourcés. C’est un produit sain, facile à poser, qui affiche une longue durée de déphasage (10 heures). La laine de chanvre a aussi l’avantage d’être un peu moins chère que d’autres isolants écologiques, avec un prix de 15 à 25 euros du m² (1) hors pose. Mais là encore, la conductivité thermique de 0,039 à 0,050 W/m·K impose d’appliquer le matériau en couches épaisses.
Liège
Recyclable, imputrescible et très performant : le liège tire son épingle du jeu sur le marché des isolants naturels. Parmi ses avantages, il est très dense et ne restitue la chaleur dans le logement qu’au bout de 12 heures. Il faut néanmoins prévoir des épaisseurs importantes, et un prix en conséquence : entre 50 et 70 euros du m² hors pose (1).
Matériaux synthétiques : une efficacité au top pour des espaces réduits
Polystyrène
Le polystyrène expansé affiche un très bon pouvoir isolant (0,030 à 0,039 W/m·K) et un coût avantageux de 10 à 25 euros du m² (1) hors pose. Il résiste bien dans le temps, y compris en conditions humides, et sa légèreté le rend très facile à poser. Côté inconvénients : il n’est pas très dense et restitue rapidement la chaleur (4 h). Il faut aussi tenir compte de son mode de fabrication, à partir de matières polluantes : le bilan carbone est plutôt mauvais.
Mousse résolique
Connaissez-vous la mousse résolique ? Il s’agit tout simplement de l’isolant le plus performant sur le marché, avec une conductivité thermique de 0,022 W/m·K. Cela permet de poser des couches minces : parfait si votre maison présente des contraintes de place et d’emprise au niveau de la façade. Mais autant le savoir, la mousse résolique est chère. Les prix varient de 50 à 100 euros du m² pour le matériau seul (2). Elle est aussi moins adaptée pour l’été avec un faible temps de déphasage (4 h). Enfin, son bilan carbone est médiocre, comme pour le polystyrène.
Aides financières pour l’isolation thermique par l’extérieur
MaPrimeRénov'
Les travaux d’ITE sont éligibles à MaPrimeRénov’, la principale aide de l’État à la rénovation énergétique. Vous pouvez en bénéficier si vous réalisez une rénovation d’ampleur, ou bien pour financer un projet par geste (l’isolation seule). Il existe dans les deux cas des conditions à respecter, notamment au niveau de vos revenus.
Éco-prêt à taux zéro
Pour financer vos travaux de rénovation, n’hésitez pas à demander un éco-prêt à taux zéro ou éco-PTZ. Cette aide, qui concerne les travaux d’ensemble ou ponctuels, est cumulable avec MaPrimeRénov’ et d’autres dispositifs comme les CEE ou la TVA réduite.
TVA à taux réduit
Lorsqu’ils sont réalisés par des professionnels, les travaux de rénovation énergétique bénéficient d’une TVA de 5,5 % au lieu des 20 % habituels. Il faut aussi que l’entreprise fournisse les matériaux pour que l’ensemble de la prestation soit concerné.
Certificats d’économies d’énergie (CEE)
Les CEE sont des aides proposées par les fournisseurs d’énergie, avec des montants variables selon les prestataires. Ces dispositifs sont aussi cumulables avec MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ.
Aides des collectivités
Il ne faut pas les oublier ! Les institutions locales (de la commune à la région) ont leurs propres dispositifs d’aide à la rénovation énergétique, avec des possibilités de cumul.
FAQ : les questions que vous vous posez
Quelle est la meilleure isolation pour l'extérieur ?
En matière de performances thermiques pures, c’est la mousse résolique qui affiche les meilleurs chiffres pour une ITE. Mais la réponse à cette question est en réalité bien plus complexe ! Il faut tenir compte de plusieurs critères pour déterminer la meilleure solution pour votre maison : les contraintes d’espace et d’esthétique, le climat local (chaleur, pluie), l’aspect écologique et le budget. Un professionnel de l’isolation pourra vous aider à trouver le bon compromis pour votre logement.
Quel est le coût moyen d'une isolation par l'extérieur ?
L’isolation extérieure est relativement coûteuse car elle demande plus de travail, entre la pose de l’isolant et la réalisation de la finition. Tout compris, la fourchette de prix s’étend de 80 à plus de 200 euros du m² (1) (2).
(1) Prix moyens issus de différents sites de fournisseurs professionnels d’équipements pour l'isolation.
(2) Prix moyens issus de différents sites de construction et travaux.