Normes électriques

Sommaire

Vous venez d'acheter une maison ancienne et le diagnostic électrique révèle des anomalies. Ou vous préparez une construction neuve et votre électricien vous parle de la norme NF C 15-100. Dans les deux cas, une question revient : quelles sont exactement les règles à respecter pour une installation électrique sûre et conforme ? Après avoir accompagné des centaines de propriétaires dans leurs projets de mise aux normes, Ootravaux vous livre un guide complet pour comprendre et appliquer les normes électriques dans votre logement.

L'essentiel
  • La norme NF C 15-100 est la référence obligatoire pour toute installation électrique neuve ou rénovation importante en France.
  • Chaque pièce de votre logement doit comporter un nombre minimum de prises, de circuits et de points lumineux définis par la réglementation.
  • Le tableau électrique doit intégrer des dispositifs de protection adaptés : disjoncteur de branchement, interrupteurs différentiels et disjoncteurs divisionnaires.
  • La mise à la terre de votre installation est une obligation de sécurité non négociable.
  • Un électricien qualifié peut délivrer une attestation de conformité Consuel, indispensable pour le raccordement au réseau.

Qu'est-ce que la norme NF C 15-100 et pourquoi vous concerne-t-elle ?

Avant de plonger dans les détails techniques, il est essentiel de comprendre ce qui encadre les installations électriques en France. Cette norme n'est pas une simple recommandation : elle conditionne la sécurité de votre famille et la validité de votre installation.

Une norme évolutive qui s'adapte aux usages modernes ?

La norme NF C 15-100 régit les installations électriques basse tension dans les bâtiments d'habitation. Elle définit les règles de conception, de réalisation et de vérification de votre installation électrique. Contrairement à ce que beaucoup pensent, cette norme évolue régulièrement pour intégrer les nouveaux équipements : bornes de recharge pour véhicules électriques, domotique, panneaux photovoltaïques.

La dernière mise à jour majeure date de 2016, avec des amendements successifs jusqu'en 2024. En 2026, les exigences concernent notamment la protection contre les défauts d'arc (dispositifs DPDA) et l'efficacité énergétique des installations.

Quand cette norme s'applique-t-elle à votre projet ?

La norme NF C 15-100 est obligatoire dans trois situations :

  • Construction neuve : toute maison individuelle ou appartement neuf doit respecter intégralement la norme en vigueur au moment du dépôt du permis de construire ; 
  • Rénovation totale : si vous refaites entièrement l'installation électrique, vous devez appliquer la norme actuelle ; 
  • Extension ou modification importante : l'ajout d'un circuit, la création d'une nouvelle pièce ou le remplacement du tableau électrique impliquent de respecter les prescriptions normatives pour la partie concernée.

En revanche, si vous changez simplement une prise ou un interrupteur à l'identique, vous n'êtes pas tenu de mettre toute l'installation aux normes. Mais attention : en cas de sinistre, votre assurance pourrait refuser de vous indemniser si l'installation présente des défauts de conformité manifestes.

Norme, réglementation, label : ne confondez pas

La norme NF C 15-100 est un document technique de référence. Elle devient obligatoire lorsqu'un texte réglementaire (arrêté, décret) y fait référence. C'est le cas pour les logements neufs via l'arrêté du 22 octobre 1969 modifié.

Le label Promotelec ou la certification NF Habitat sont des démarches volontaires qui vont au-delà du minimum réglementaire. Ils attestent d'un niveau de qualité supérieur, mais ne sont pas exigés par la loi.

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Faites vérifier votre installation électrique par un professionnel proche de chez vous

Le tableau électrique : le cœur de votre installation

Votre tableau électrique centralise la protection et la distribution de l'énergie vers tous les circuits de votre logement. Sa conception doit respecter des règles précises pour garantir votre sécurité.

La gaine technique logement (GTL) : l'emplacement obligatoire

La gaine technique logement (GTL) regroupe en un seul endroit tous les équipements de puissance et de communication de votre habitation. Elle doit contenir :

  • Le panneau de contrôle avec le disjoncteur de branchement (fourni par Enedis) ; 
  • Le tableau de répartition principal avec les dispositifs de protection ; 
  • Le coffret de communication pour les réseaux téléphone, internet et TV ;
  • Deux prises de courant 16 A pour alimenter les équipements de communication.

La GTL doit être installée à l'intérieur du logement, directement accessible depuis une entrée, un couloir ou un séjour. Elle ne peut pas se trouver dans une salle d'eau, une salle de bain ou au-dessus d'un appareil de cuisson.

Le disjoncteur de branchement : votre premier niveau de protection

Le disjoncteur de branchement (aussi appelé disjoncteur général ou AGCP) est le point de coupure entre le réseau public et votre installation privée. Il assure deux fonctions :

  • Protection contre les surintensités : il coupe automatiquement l'alimentation si vous dépassez la puissance souscrite ;
  • Coupure d'urgence : il permet de mettre hors tension toute l'installation en un seul geste.

Son calibre (15, 30, 45 ou 60 A en monophasé) dépend de la puissance de votre abonnement. Pour une maison tout électrique avec chauffage, comptez généralement un disjoncteur de branchement 60 A (12 kVA). En triphasé, le disjoncteur de branchement sera adapté à la puissance souscrite.

Les interrupteurs différentiels : la protection des personnes

L'interrupteur différentiel détecte les fuites de courant vers la terre (défaut d'isolement) et coupe l'alimentation avant que vous ne soyez électrocuté. La norme impose :

Surface du logement Nombre minimum d'interrupteurs différentiels 30 mA

Jusqu'à 35 m²

2 (dont 1 de type A)

De 35 à 100 m²

3 (dont 1 de type A)

Plus de 100 m²

4 (dont 1 de type A)

Le différentiel de type A est obligatoire pour protéger certains circuits spécifiques :

  • Le circuit de la plaque de cuisson ou cuisinière électrique ; 
  • Le circuit du lave-linge ; 
  • La borne de recharge pour véhicule électrique.

Ces appareils génèrent des courants de fuite particuliers (composante continue) que seul un différentiel de type A peut détecter correctement. Les autres circuits peuvent être protégés par des différentiels de type AC ou A.

Les disjoncteurs divisionnaires : la protection des circuits

Chaque circuit de votre installation doit être protégé individuellement par un disjoncteur divisionnaire. Son calibre dépend de la section des conducteurs et du type d'équipement alimenté :

Type de circuit Section minimale des conducteurs Calibre du disjoncteur

Éclairage

1,5 mm²

10 A ou 16 A

Prises de courant 16 A

2,5 mm²

16 A ou 20 A

Lave-linge, sèche-linge, four

2,5 mm²

20 A

Plaque de cuisson

6 mm²

32 A

Chauffe-eau électrique

2,5 mm²

20 A

Chauffage électrique (jusqu'à 4 500 W)

2,5 mm²

20 A

Volets roulants

1,5 mm²

10 A ou 16 A

VMC

1,5 mm²

2 A ou 10 A

Un disjoncteur 20 A protège un circuit câblé en 2,5 mm² avec un maximum de 12 prises. Un disjoncteur 16 A sur un circuit en 1,5 mm² accepte jusqu'à 8 points d'éclairage.

Les nouveaux dispositifs de protection obligatoires

Depuis les dernières évolutions de la norme, certains dispositifs sont devenus obligatoires :

  • Parafoudre : obligatoire si votre logement se situe dans une zone à risque (AQ2) ou si vous disposez d'un paratonnerre. Recommandé partout ailleurs pour protéger vos équipements sensibles ; 
  • Dispositif de protection contre les défauts d'arc (DPDA) : obligatoire pour les circuits des chambres à coucher dans les logements neufs. Ces dispositifs détectent les arcs électriques (fils endommagés, connexions défectueuses) avant qu'ils ne provoquent un incendie.

La réserve obligatoire dans le tableau

La norme impose de conserver 20 % d'emplacements libres dans votre tableau électrique pour permettre des évolutions futures. Si votre tableau comporte 40 modules, vous devez laisser au moins 8 emplacements disponibles.

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Les circuits spécialisés : un équipement, un circuit

Certains appareils électroménagers consomment beaucoup de puissance ou présentent des risques particuliers. Ils doivent disposer de leur propre circuit, directement relié au tableau de répartition.

Les circuits spécialisés obligatoires

La norme impose un minimum de quatre circuits spécialisés dans chaque logement :

  • Un circuit 32 A pour la plaque de cuisson : câblé en 6 mm², protégé par un disjoncteur 32 A sous un différentiel de type A ; 
  • Un circuit 20 A pour le lave-linge : câblé en 2,5 mm², protégé par un disjoncteur 20 A sous un différentiel de type A ; 
  • Un circuit 20 A pour le lave-vaisselle : câblé en 2,5 mm², protégé par un disjoncteur 20 A ; 
  • Un circuit 20 A pour le four ou un autre gros électroménager : câblé en 2,5 mm².

Ces circuits doivent être prévus même si vous n'installez pas immédiatement les appareils correspondants. Un futur acquéreur de votre logement doit pouvoir brancher ces équipements sans modifier l'installation.

Les autres circuits spécialisés recommandés ou obligatoires selon les cas

Selon la configuration de votre logement, d'autres circuits dédiés peuvent être nécessaires :

  • Chauffe-eau électrique : circuit dédié 20 A, avec contacteur jour/nuit si vous bénéficiez d'un tarif heures creuses ;
  • Chauffage électrique : un circuit par tranche de 4 500 W maximum. Un radiateur de 2 000 W peut partager son circuit avec un autre de 2 000 W, mais pas plus ;
  • Climatisation ou pompe à chaleur : circuit dédié adapté à la puissance de l'appareil ;
  • Borne de recharge pour véhicule électrique : circuit dédié 20 A minimum (prise renforcée) ou 32 A (wallbox), sous différentiel de type A ;
  • Congélateur : fortement recommandé pour éviter qu'un défaut sur un autre appareil ne provoque la perte de vos aliments ; 
  • Alarme et portail électrique : circuits dédiés pour faciliter la maintenance.

Les prises de courant : combien et où les installer ?

La norme définit un nombre minimum de prises par pièce pour garantir le confort d'utilisation et éviter les multiprises en cascade, sources de surchauffe et d'incendie.

Le nombre minimum de prises par pièce

Pièce Nombre minimum de prises 16 A Précisions

Séjour

1 prise par tranche de 4 m² (minimum 5)

Dont 1 à proximité de la prise TV

Chambre

3

Réparties sur au moins 2 parois

Cuisine

6

Dont 4 au-dessus du plan de travail

Salle de bain / salle d'eau

1

Hors volumes de protection (voir ci-dessous)

WC

0 (1 recommandée)

Pour un lave-mains ou un WC lavant

Couloir et entrée

1

Si surface > 4 m²

Extérieur

1

Si accès direct depuis le logement

Ces chiffres sont des minimums. Dans la pratique, prévoyez toujours plus de prises que le strict nécessaire : les besoins évoluent avec le temps (nouveaux appareils, recharge de téléphones, etc.).

Les règles de positionnement des prises

L'axe des prises doit se situer à une hauteur comprise entre 5 cm et 1,30 m du sol fini. Quelques exceptions :

  • Prises de la cuisine au-dessus du plan de travail : entre 8 cm et 25 cm au-dessus du plan ; 
  • Prises pour personnes à mobilité réduite : entre 40 cm et 1,30 m, avec au moins une prise accessible sans obstacle ; 
  • Prises commandées par interrupteur : peuvent être placées plus bas pour alimenter une lampe de chevet.

Les prises ne doivent jamais être installées au-dessus d'un évier, d'une plaque de cuisson ou d'un appareil produisant de la chaleur (radiateur, cheminée).

Le circuit des prises : nombre maximum par disjoncteur

Un circuit de prises protégé par un disjoncteur 16 A (câble 1,5 mm²) peut alimenter au maximum 8 prises. Avec un disjoncteur 20 A (câble 2,5 mm²), vous pouvez monter à 12 prises par circuit.

Attention : une prise double compte pour une seule prise dans ce calcul, mais un bloc de 4 prises compte pour 4 prises distinctes.

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Installez de nouvelles prises avec un professionnel proche de chez vous

L'éclairage : points lumineux et circuits dédiés

L'éclairage répond à des règles spécifiques pour garantir la sécurité et le confort visuel dans chaque pièce de votre logement.

Le nombre minimum de points lumineux

Chaque pièce principale (séjour, chambre, cuisine) doit comporter au moins un point lumineux au plafond, équipé d'un DCL (dispositif de connexion pour luminaire). Ce boîtier normalisé permet de raccorder facilement n'importe quel luminaire et assure une connexion sécurisée.

Dans les autres pièces (couloir, WC, salle de bain), un point lumineux en applique murale est accepté.

À l'extérieur, un point lumineux est obligatoire à chaque entrée du logement (porte principale, porte de garage, accès jardin).

Le circuit d'éclairage : règles de câblage

Un circuit d'éclairage protégé par un disjoncteur 10 A ou 16 A (câble 1,5 mm²) peut alimenter au maximum 8 points lumineux. Au-delà, vous devez créer un second circuit.

Les interrupteurs de commande doivent être placés à une hauteur comprise entre 0,90 m et 1,30 m du sol, à proximité immédiate de l'accès à la pièce (côté poignée de porte).

Les commandes spécifiques

Certaines configurations imposent des commandes particulières :

  • Couloir de plus de 4 m : commande depuis chaque extrémité (va-et-vient ou télérupteur) ; 
  • Escalier : commande en haut et en bas (va-et-vient obligatoire) ; 
  • Chambre : au moins une prise commandée par interrupteur, en plus du point lumineux au plafond.

La salle de bain et la salle d'eau : des règles strictes

L'eau et l'électricité ne font pas bon ménage. La norme définit des volumes de protection autour des points d'eau pour limiter les risques d'électrocution.

Les quatre volumes de protection

Autour d'une baignoire ou d'une douche, l'espace est divisé en volumes concentriques :

Volume Définition Équipements autorisés

Volume 0

Intérieur de la baignoire ou du receveur de douche

Aucun équipement électrique

Volume 1

Au-dessus de la baignoire/douche, jusqu'à 2,25 m de hauteur

Uniquement chauffe-eau instantané ou luminaire TBTS 12 V

Volume 2

60 cm autour du volume 1, jusqu'à 2,25 m de hauteur

Luminaires, radiateurs de classe II, prises rasoir 20-50 VA

Hors volume

Au-delà du volume 2

Tous équipements avec protection différentielle 30 mA

Tous les circuits alimentant la salle de bain ou la salle d'eau doivent être protégés par un interrupteur différentiel 30 mA. Cette règle s'applique même pour un simple point lumineux situé hors volume.

La liaison équipotentielle locale

Une liaison équipotentielle supplémentaire (LES) doit relier entre eux tous les éléments métalliques de la salle de bain :

  • Canalisations d'eau (arrivée et évacuation) ;
  • Huisseries métalliques ;
  • Corps de la baignoire ou du receveur (si métallique) ;
  • Armature du plancher chauffant.

Cette liaison est raccordée à la borne de terre du tableau via un conducteur de 2,5 mm² minimum (4 mm² si non protégé mécaniquement).

La mise à la terre : une protection vitale

La mise à la terre évacue les courants de défaut vers le sol au lieu de les laisser traverser votre corps. C'est le complément indispensable des dispositifs différentiels.

Le principe de fonctionnement

En cas de défaut d'isolement (fil dénudé touchant une carcasse métallique, par exemple), le courant s'écoule vers la terre via le conducteur de protection (fil vert/jaune). Cette fuite de courant est détectée par le différentiel, qui coupe l'alimentation en moins de 40 millisecondes.

Sans mise à la terre, le courant de défaut ne peut pas s'écouler, le différentiel ne détecte rien, et c'est vous qui servez de chemin vers le sol si vous touchez l'appareil défectueux.

Les composants de la prise de terre

Une installation de mise à la terre comprend :

  • L'électrode de terre : piquet vertical enfoncé dans le sol, câble enterré en fond de fouille, ou boucle à fond de fouille. La résistance de terre doit être inférieure à 100 ohms (idéalement < 50 ohms) ;
  • Le conducteur de terre : câble reliant l'électrode à la barrette de coupure ;
  • La barrette de coupure : permet de mesurer la résistance de terre et d'isoler l'installation pour les tests ;
  • Le conducteur principal de protection : relie la barrette au bornier de terre du tableau ;
  • Les conducteurs de protection des circuits : fils vert/jaune présents dans chaque câble, reliant les prises et appareils au bornier de terre.

Vérifier l'efficacité de votre mise à la terre

Un électricien peut mesurer la résistance de votre prise de terre avec un telluromètre. Si elle dépasse 100 ohms, des travaux d'amélioration sont nécessaires : ajout de piquets supplémentaires, traitement du sol, ou installation d'une boucle enterrée.

Les équipements de communication : le coffret obligatoire

La norme impose désormais un coffret de communication pour centraliser les réseaux téléphone, internet et TV de votre logement.

L'emplacement et le contenu du coffret de communication

Le coffret de communication doit être installé dans la GTL, à proximité du tableau électrique. Il comprend :

  • Un bandeau de brassage avec connecteurs RJ45 ; 
  • Un répartiteur TV (si distribution coaxiale) ; 
  • L'arrivée de la fibre optique ou de la ligne téléphonique ; 
  • Éventuellement un switch réseau ou une box internet.

Deux prises de courant 16 A doivent être installées à proximité immédiate pour alimenter les équipements actifs (box, switch).

Le câblage des prises de communication

La norme impose un minimum de prises RJ45 par logement :

Type de logement Nombre minimum de prises RJ45

T1 (studio)

2

T2

2

T3

3

T4 et plus

4

Au moins une prise RJ45 doit être installée à côté de la prise TV du séjour. Les autres prises peuvent être réparties dans les chambres ou le bureau.

La borne de recharge pour véhicule électrique : anticiper l'avenir

Même si vous ne possédez pas encore de véhicule électrique, la norme impose de préparer votre installation pour une future borne de recharge.

Les obligations en construction neuve

Depuis 2017, toute maison individuelle neuve avec parking doit comporter :

  • Un circuit dédié depuis le tableau électrique jusqu'au garage ou à l'emplacement de stationnement ; 
  • Un câble de section suffisante pour une borne de recharge (10 mm² minimum pour 32 A) ;
  • Un fourreau ou chemin de câble permettant le passage du circuit.

Ce pré-équipement évite de casser les murs ou de refaire le tableau le jour où vous achèterez un véhicule électrique.

Les caractéristiques du circuit de recharge

Le circuit de recharge pour véhicule électrique doit être :

  • Protégé par un disjoncteur 20 A (prise renforcée) ou 32 A (wallbox) ; 
  • Placé sous un interrupteur différentiel de type A (obligatoire pour les courants de fuite à composante continue) ; 
  • Câblé en 2,5 mm² (20 A) ou 6 mm² (32 A) selon la puissance prévue.

Pour une wallbox de 7 kW (la puissance la plus courante en maison individuelle), prévoyez un circuit 32 A en 6 mm² sous différentiel de type A 40 A.

Comment vérifier si votre installation est aux normes ?

Vous avez un doute sur la conformité de votre installation électrique ? Plusieurs méthodes permettent de faire le point.

Le diagnostic électrique obligatoire

En cas de vente d'un logement dont l'installation électrique a plus de 15 ans, un diagnostic électrique est obligatoire. Ce document, réalisé par un diagnostiqueur certifié, identifie les anomalies par rapport à un référentiel de sécurité minimale.

Attention

Le diagnostic électrique n'est pas une vérification de conformité à la norme NF C 15-100. Il évalue uniquement les points de sécurité essentiels. Une installation peut être "sans anomalie" au diagnostic tout en n'étant pas conforme à la norme actuelle.

Les points de contrôle essentiels

Vous pouvez réaliser vous-même une première vérification visuelle :

  • Tableau électrique : présence d'un disjoncteur de branchement, d'interrupteurs différentiels 30 mA, de disjoncteurs divisionnaires (pas de simples fusibles).
  • Prises de terre : toutes les prises doivent avoir une broche de terre reliée (testeur de prise disponible en grande surface de bricolage).
  • Câblage apparent : absence de fils dénudés, de connexions volantes, de dominos accessibles.
  • Prises et interrupteurs : pas de traces de brûlure, de fissures, de jeu excessif.

L'attestation de conformité Consuel

Pour une installation neuve ou une rénovation totale, l'électricien doit demander une attestation de conformité au Consuel (Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité). Un inspecteur vérifie que l'installation respecte la norme NF C 15-100 avant d'autoriser le raccordement au réseau.
Cette attestation est indispensable pour obtenir la mise en service de votre compteur par Enedis.

Combien coûte une mise aux normes électriques ?

Le budget d'une mise aux normes dépend de l'état initial de votre installation et de l'étendue des travaux nécessaires.

Les différents niveaux d'intervention

Type d'intervention Fourchette de prix TTC (2026) Ce qui est inclus

Remplacement du tableau seul

800 € à 2 000 €

Nouveau tableau, disjoncteurs, différentiels

Mise en sécurité minimale

1 500 € à 4 000 €

Tableau + mise à la terre + protection salle de bain

Rénovation partielle

4 000 € à 8 000 €

Tableau + circuits spécialisés + prises supplémentaires

Rénovation complète

8 000 € à 15 000 €

Remplacement intégral de l'installation (maison 100 m²)

Ces prix incluent la main-d'œuvre et le matériel de qualité standard. Pour du matériel haut de gamme (appareillage design, domotique intégrée), ajoutez 30 à 50 % au budget.

Les aides financières disponibles

La mise aux normes électriques peut bénéficier de certaines aides :

  • TVA réduite à 10 % : pour les travaux d'amélioration dans un logement de plus de 2 ans.
  • Aides de l'Anah : dans le cadre d'une rénovation globale pour les ménages modestes.
  • Éco-PTZ : si les travaux électriques accompagnent une rénovation énergétique.
  • Aides locales : certaines collectivités proposent des subventions pour la mise en sécurité des logements anciens.

Astuces de pro pour une installation optimale

Au-delà du strict respect de la norme, quelques bonnes pratiques améliorent le confort et la durabilité de votre installation.

Prévoir plus de circuits que le minimum

La norme définit des minimums, pas des optimums. Séparez les circuits par zone (étage, aile du bâtiment) pour limiter l'impact d'un défaut. Un court-circuit dans le garage ne doit pas plonger toute la maison dans le noir.

Étiqueter clairement le tableau

Chaque disjoncteur doit être identifié par une étiquette lisible : "Prises chambre 1", "Éclairage RDC", "Four cuisine". En cas de problème, vous saurez immédiatement quel circuit couper.

Photographier l'installation avant fermeture des murs

Avant de refermer les cloisons, prenez des photos du passage des câbles. Ces images vous seront précieuses pour percer un trou sans risquer de toucher un fil, ou pour retrouver un circuit défaillant.

Investir dans du matériel de qualité

Les disjoncteurs et interrupteurs différentiels de grandes marques (Legrand, Schneider, Hager) coûtent plus cher, mais leur fiabilité est supérieure. Sur une installation prévue pour durer 30 ans, l'économie de quelques euros par appareil ne vaut pas le risque.

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Faites vérifier votre installation électrique par un professionnel

FAQ : Les questions que vous vous posez

Quelles sont les normes électriques pour une maison ?

La norme NF C 15-100 est la référence obligatoire pour toute installation électrique dans un logement en France. Elle définit le nombre minimum de prises par pièce, les circuits spécialisés obligatoires, les dispositifs de protection du tableau (disjoncteurs, différentiels), les règles de câblage et les volumes de sécurité dans les salles d'eau. Cette norme est régulièrement mise à jour pour intégrer les nouveaux usages comme la recharge des véhicules électriques.

Comment savoir si l'électricité est aux normes dans une maison ?

Plusieurs indices permettent d'évaluer rapidement l'état de votre installation : présence de disjoncteurs (et non de simples fusibles) dans le tableau, interrupteurs différentiels 30 mA, prises avec broche de terre, absence de fils apparents ou de connexions volantes. Pour une évaluation complète, faites réaliser un diagnostic électrique par un professionnel certifié. Ce document identifie les anomalies de sécurité et vous donne une vision claire des travaux à prévoir.

Peut-on faire soi-même sa mise aux normes électriques ?

Légalement, rien n'interdit à un particulier de réaliser lui-même ses travaux électriques dans sa résidence principale. Cependant, les risques sont réels : électrocution pendant les travaux, incendie ultérieur dû à une mauvaise connexion, refus d'indemnisation par l'assurance. Si vous choisissez cette voie, formez-vous sérieusement, respectez scrupuleusement la norme, et faites vérifier votre travail par un professionnel avant la mise sous tension. Pour les travaux importants, le passage du Consuel reste obligatoire pour obtenir le raccordement au réseau.