Buée persistante sur vos fenêtres, moisissures sur les murs : l’humidité dans votre appartement, ce n’est pas un sujet à prendre à la légère ! Quelles sont les causes les plus fréquentes et comment agir efficacement ? Que vous soyez locataire ou propriétaire, il existe des solutions pour retrouver un logement sain. Ootravaux vous guide, du simple geste d’aération aux travaux de rénovation.
L'essentiel
- En appartement, un excès d’humidité se manifeste de différentes façons : de la buée (condensation) sur les fenêtres, des murs dégradés ou encore des moisissures.
- Cet environnement humide peut avoir plusieurs origines : un manque de ventilation du logement, des infiltrations ou même une fuite d’eau chez un voisin.
- Des gestes simples, comme aérer, réduisent l’humidité. Mais lorsque le problème persiste, des travaux et l’intervention d’un professionnel deviennent indispensables.
Humidité en appartement : comment la reconnaître ?
L’humidité laisse des traces visibles et peut aussi être mesurée. Voici ce qu’il faut savoir.
Quels signes sont révélateurs d’humidité dans un appartement ?
Plusieurs indices doivent vous alerter. Voici un tableau récapitulatif.
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Type d’indice |
Signes observables |
Zones concernées |
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Condensation |
Buée régulière et coulées d’eau |
Fenêtres, miroirs, surfaces froides |
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Moisissures |
Taches noires ou verdâtres |
Angles des murs, cadres de fenêtres, joints de carrelage |
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Matériaux dégradés |
Auréoles, peinture qui s’écaille, papier peint qui se décolle, plâtre friable |
Murs et plafonds |
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Signes sensoriels |
Odeur de moisi, sensation d’inconfort (froid, chaleur moite) |
Surtout dans les pièces les plus touchées |
Quel est le taux normal d’humidité dans un appartement ?
L’Ademe (Agence de la transition écologique) recommande un taux d’humidité entre 40 et 60 % dans un logement (1). Cette mesure, exprimée en pourcentage, correspond à la vapeur d’eau présente dans l’air. En dessous de 40 %, l’air est trop sec, ce qui peut irriter la gorge et les yeux. Au-delà de 60 %, l’air trop humide favorise le développement de moisissures.
Quelles solutions pour mesurer le taux d’humidité ?
Il existe plusieurs méthodes pour mesurer précisément le taux d’humidité d’un logement. L’une des plus courantes consiste à utiliser un hygromètre. Cet appareil, disponible dans le commerce, existe en version numérique ou analogique.
Il est aussi possible d’installer un capteur d’humidité dans les pièces les plus humides de votre logement (cuisine, salle de bains). Certaines versions sont connectées, ce qui vous permet de visualiser les taux d’air humide en temps réel sur une application dédiée.
Les professionnels disposent d’appareils de mesure performants : humidimètre, thermo-hygromètre, caméra thermique.
Quelles sont les causes d'humidité spécifiques à un appartement ?
La condensation : première cause dans les logements collectifs
Au quotidien, diverses activités favorisent l’humidité : l’eau chaude qui coule, un plat qui mijote dans la cuisine... Lorsque cet excès n’est pas évacué, une fine pellicule d’eau se dépose sur les surfaces plus froides (murs ou vitrages).
Les infiltrations depuis l’étage ou les murs mitoyens
Dans un immeuble, les infiltrations d’eau peuvent être causées par des défauts d’étanchéité dans la toiture ou les murs qui donnent vers l’extérieur. Des fuites de canalisations ou d’équipements sanitaires doivent également être recherchées. Il faut aussi tenir compte du voisinage : une fuite d’eau, même minime, chez un voisin provoque parfois des dégâts chez vous. Ils sont généralement localisés, ce qui aide à les identifier.
Les remontées capillaires depuis le rez-de-chaussée ou le sous-sol
Les remontées capillaires se produisent lorsque l’eau du sol remonte progressivement à travers des matériaux poreux. Il peut s’agir d’un défaut des fondations du bâtiment : soit en raison du manque de barrières étanches, soit parce qu’elles sont défectueuses. Les traces sont alors plus visibles au bas des murs. Ce problème concerne surtout les appartements situés au rez-de-chaussée, ou au-dessus de caves et sous-sols humides.
Un appartement mal ventilé ou trop isolé
Dans des logements modernes comme dans des appartements en rénovation, une ventilation mécanique (VMC) est indispensable pour faire circuler l’air. Lorsque le débit d’air d’une VMC n’est pas suffisant, ou que les systèmes sont défectueux, l’humidité n’est plus correctement évacuée. C’est aussi le cas lorsque les bouches d’aération sont obstruées.
Les solutions simples pour traiter l'humidité en appartement
Aérer et ventiler : les bons réflexes à adopter au quotidien
Comme dans une maison, ouvrir les fenêtres 10 minutes matin et soir permet de renouveler l’air. Pensez également à ventiler la salle de bains ou la cuisine après une utilisation intensive. Enfin, il est préférable de ne pas laisser sécher un linge humide en intérieur.
Poser un déshumidificateur : une solution simple sans travaux
Cet appareil réduit le taux d’humidité. Son utilisation est préconisée dans des pièces très humides, comme une salle de bains, une cuisine, une buanderie ou encore une cave. Néanmoins, un déshumidificateur agit surtout sur les conséquences : il réduit la condensation et limite le développement de moisissures. Il ne permet pas de corriger les causes du problème.
Installer ou rénover un système de ventilation mécanique
La ventilation mécanique contrôlée (VMC) assure un renouvellement constant de l’air. L’air frais entre naturellement via des entrées d’air situées dans les pièces de vie… (salon, chambres…). L’air vicié est repoussé en extérieur par les bouches d’extraction. Il existe différents systèmes de VMC : à simple ou double flux, autoréglable ou hygroréglable. Ce type d’installation convient aussi bien en construction neuve qu’en rénovation.
Utiliser des matériaux et produits anti-humidité
Certains matériaux et revêtements limitent l’apparition de l’humidité. C’est le cas des peintures hydrofuges, qui résistent à l’eau et protègent les murs intérieurs. Il est aussi possible de disposer des absorbeurs d’humidité, sous forme de sachets ou de gels, qui captent l’excès d’eau dans l’air.
Quand faire appel à un professionnel et à quel prix ?
Traiter les causes de l’humidité : une priorité pour éviter les dégâts sur le long terme
Installer un déshumidificateur ou aérer la pièce sont de bonnes solutions pour réduire l’humidité à court terme. Mais dans le cas où l’excès d’air humide est causé par un défaut d’isolation, un manque constant de ventilation ou par des fuites, il faut agir !
Il existe différentes solutions pour traiter l’humidité. Le prix dépend de la problématique identifiée et des opérations à mettre en œuvre. Une détection de fuite coûte entre 100 et 500 euros (3) par exemple, tandis que le coût d’une VMC oscille entre 500 et 7 000 euros (3).
Diagnostic humidité : à partir de quel stade est-il nécessaire ?
Vous aérez régulièrement, mais les signes d’humidité sont toujours présents ? Des moisissures et des auréoles sur les murs indiquent souvent un problème structurel ou une fuite. L’intervention de professionnels permet d’en identifier précisément l’origine. Lors de ce diagnostic, le spécialiste mesure le taux d’hygrométrie et analyse les matériaux. C’est également lui qui vous préconise les travaux les plus adaptés.
Quel artisan contacter selon le type de problème ?
Le diagnostic peut être effectué par un plombier, un maçon ou une entreprise spécialisée (bureau d’étude, expert bâtiment…). Ces spécialistes interviennent aussi selon les opérations à réaliser.
Les aides disponibles pour les travaux
Au rayon des subventions, demandez l’isolation et la ventilation ! Différents dispositifs financiers sont proposés aux propriétaires qui engagent des travaux de rénovation énergétique. C’est le cas des aides de l’Anah (Agence nationale de l’habitat) : MaPrimeRénov’ et MaPrimeRénov’ copropriétés. Il est également possible de bénéficier d’un prêt à taux zéro (Éco-PTZ), d’une TVA réduite à 5,5 %, ou encore d’aides des collectivités locales.
Des conditions s’appliquent, comme l’obligation de faire appel à des professionnels certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Ootravaux vous recommande de contacter les conseillers France Rénov’ : cette démarche est gratuite.
AstucePensez à demander plusieurs devis – au moins trois – pour comparer les offres avant de vous lancer dans des travaux. Cette démarche vous permet aussi de vous assurer que les professionnels sollicités disposent des compétences et certifications requises (RGE…)
Humidité en appartement : qui est responsable, locataire ou propriétaire ?
Quelles sont les obligations du propriétaire bailleur ?
Le propriétaire bailleur est tenu de proposer un logement décent et sain, qui ne présente pas de risques pour la santé de l’occupant : allergies, problèmes respiratoires, aggravation de l’asthme.
Le logement doit notamment être suffisamment aéré pour permettre un renouvellement de l’air et une évacuation de l’humidité (décret n°2002-120 du 30 janvier 2002) (2).
Lorsque l’hygrométrie élevée est due à des défauts de ventilation ou d’isolation, c’est à lui d’intervenir et le montant des travaux est à sa charge.
Les responsabilités du locataire (entretien, aération)
De son côté, le locataire veille à l’entretien courant du logement. Il s’assure que celui-ci est correctement ventilé, en aérant régulièrement et en utilisant la VMC. Il doit également signaler les fuites. Sa responsabilité peut être engagée lorsque une hygrométrie élevée est causée par un manque de précaution ou une mauvaise utilisation des installations (boucher les sorties d’air par exemple).
Humidité causée par le voisinage : que faire ?
Une humidité excessive est parfois causée par une fuite, une infiltration ou une remontée capillaire sans lien avec les parties privatives du logement. Dans ce cas, la responsabilité diffère selon l’origine des fuites ou infiltrations :
- L’occupant (locataire ou propriétaire) d’un logement voisin où la fuite se produit ;
- La copropriété dans le cas de défauts dans les parties communes de l’immeuble : fissures en façade, fuite dans la toiture, remontées capillaires... La copropriété peut alors se retourner vers le syndic.
Il est recommandé de solliciter des experts pour déterminer l’origine de fuites et de déclarer tout sinistre auprès des assurances.
Bon A SavoirCertains travaux de rénovation sont à la charge de la copropriété. Ootravaux vous en dit plus sur les étapes de la rénovation de logements collectifs.
Propriétaire, locataire, voisinage et copropriété… quels sont les recours en cas de litige ?
Il arrive qu’un désaccord persiste : la situation est parfois inextricable ! Différents recours existent : l’intervention d’un conciliateur de justice est gratuite, tandis que celle du médiateur est payante. Il est également possible de lancer une procédure participative avec avocat, ou de saisir le tribunal judiciaire.
FAQ : les questions que vous vous posez
Quels sont les signes d’humidité dans un appartement ?
Un taux d’humidité élevé favorise le développement de moisissures, et c’est souvent l’un des indices les plus visibles dans un logement. Ces taches noirâtres ou verdâtres se forment surtout sur les murs, ou dans les joints du carrelage. Elles sont souvent associées à des auréoles jaunâtres, une peinture qui s’écaille ou un papier peint qui se décolle. Le parquet ou les plinthes se déforment et se détériorent.
Comment se débarrasser de l’humidité dans un appartement ?
Le premier bon réflexe, c’est d’identifier la cause ! Un environnement humide peut être dû à une ventilation insuffisante : l’excès d’air humide n’est pas correctement évacué. Des fuites, des infiltrations, des défauts d’isolation ou des remontées capillaires expliquent aussi parfois la présence d’une forte humidité. Des travaux sont alors nécessaires pour un traitement durable.
(1) Ademe - Agence pour la transition écologique
(2) Legifrance.fr (décret n°2002-120 du 30 janvier 2002)
(3) Prix moyens issus de différents sites de construction et travaux
