Toit-terrasse et faible pente : zoom sur l'isolation

Devis isolation toit-terrasse : le guide complet

14 octobre 2020
Toit-terrasse
Sommaire

Un toit-terrasse (toit plat) ne s’isole pas de la même manière qu’un toit en pente. Quel que soit l’isolant choisi, il faut veiller à ce que votre isolation soit faite dans les règles de l’art pour éviter tout désordre ultérieur dans votre maison (phénomène de condensation, décollement de l’étanchéité). Qu’il s’agisse d’un projet de rénovation ou de construction, bien préparer vos travaux passe notamment par le fait de comparer les devis des artisans. Quels sont les éléments qui impactent le prix d’une isolation de toit-terrasse ? Quels sont les prix selon les cas ? Quelles bonnes pratiques pour demander et comparer des devis ? Quelles sont les aides éventuelles qui pourraient vous permettre de réduire la note ? Ootravaux fait le point pour vous aider à préparer sereinement votre budget travaux. 

Les 3 techniques d'isolation d’un toit-terrasse

De plus en plus répandu en maison, le toit-terrasse se distingue d’un toit en pente de par l’architecture de sa charpente, qui peut être en bois ou en métal, mais plus généralement en béton, mais aussi par sa pente qui se situe entre 1 et 5 %, pour permettre l’écoulement des eaux pluviales. Pour isoler ce toit-terrasse et ainsi assurer une protection du froid et de la chaleur, il faut distinguer 3 techniques.

  • Isolation de la toiture par l’intérieur : appelée aussi toiture froide, elle consiste à placer l’isolant sous l’élément porteur (qu’il soit en béton, en bois ou en métal), qui reste alors exposé aux conditions extérieures. Cette technique est très contraignante puisqu’il est nécessaire de réaliser une ventilation entre l’isolant et l’élément porteur pour éviter un phénomène de condensation et une dégradation de l’isolant, voire de la charpente. Ce phénomène de condensation est généré lorsque l'air intérieur chaud et humide traverse l'isolation thermique et se condense au contact de la couche froide de l'étanchéité ou de l’élément porteur. L’isolation de la toiture par l’intérieur est aujourd’hui peu employée, car très risquée et contraignante. En revanche, son coût reste le plus économique, puisque vous pouvez utiliser n’importe quel isolant entre le parement du plafond et l’élément porteur. Ainsi, pour 10 à 15 € par m², hors main d’œuvre, vous pouvez obtenir une isolation suffisamment performante. 
  • Isolation de la toiture par l’extérieur : appelée aussi toiture chaude, ou isolation inversée, l’isolant est placé dans son intégralité à l’extérieur, sur l’élément porteur, en bois, en béton ou en métal. L’avantage de cette solution pour isoler est de protéger la structure porteuse (charpente) des conditions climatiques. Aussi, il n’y a pas de ruptures dans l’isolation thermique du toit, puisque celle-ci recouvre toute la surface du toit-terrasse. Autre avantage, celle-ci permet de gagner en hauteur sous plafond, puisque la charpente peut rester visible et nue. C’est la technique privilégiée par les professionnels de l’étanchéité. Elle permet de mettre en place en même temps l’isolation et le revêtement d’étanchéité. Son coût dépassera donc souvent les 100 € par m², et il faudra compter sur les compétences d’un professionnel en étanchéité pour réaliser ces travaux.
  • Isolation dite des 2/3 – 1/3 : cette solution consiste à placer 2/3 de la résistance thermique de la toiture à l’extérieur, et 1/3 à l’intérieur. Elle permet de cumuler les avantages de la toiture froide et de la toiture chaude, de supprimer les ponts thermiques, mais aussi de garantir une bonne isolation contre la chaleur en  été. Cette technique est souvent dérivée de l’isolation inversée, puisque l’on vient d’abord effectuer l’isolation extérieure et son étanchéité, avant de compléter par une isolation placée par l’intérieur, sous l’élément porteur (charpente). Il faut cependant connaître les caractéristiques de l’isolant qui a été positionné à l’extérieur (résistance thermique). Vous cumulez donc, dans ce cas, le coût des 2 premières techniques.

 

Par l'extérieur, par l'intérieur : choisir le type de votre isolation

Bon A Savoir

La résistance thermique ”R” est la capacité du matériau à résister au chaud ou au froid. Plus R est élevé, plus le produit est isolant. R augmente avec l’épaisseur choisie. La résistance thermique R d’un toit-terrasse doit être supérieure à 4,5 m2.K/W pour garantir une bonne isolation. 

Les éléments impactant le montant du devis

Pour comprendre un devis d’isolation d’un toit-terrasse (ou toit plat), il est important de savoir quelle technique d’isolation va être employée, quel isolant va être envisagé, mais il faudra aussi s’intéresser à la complémentarité avec le revêtement d’étanchéité, en particulier lorsque l’isolant sera placé à l’extérieur. Il faudra aussi connaître la destination finale du toit-terrasse. Est-ce que celui-ci recevra des personnes, avec des dalles sur plots par exemple, restera-t-il nu, ou supportera-t-il une végétalisation, car il faudra prévoir un isolant adapté, qui ne se détériorera pas sous le poids du toit.

La performance de l’isolant sera caractérisée par sa conductivité thermique (λ - lambda), exprimée en W/m.K. Cette valeur, intrinsèque à chaque isolant, est en général comprise entre 0,020 et 0,045 W/m.K ; plus le chiffre est faible, plus la performance de l’isolant choisi est élevée, et plus son prix pourra être élevé. L’épaisseur de l’isolant (en cm) influe également le prix. Plus l’épaisseur choisie est importante, plus le prix s’en trouve impacté. 

Un pare-vapeur, ou membrane hydro-régulante doit aussi vous être indiquée dans le devis. En effet, la réglementation impose que l’étanchéité à l’air soit faite dans les règles. Ainsi, le pare-vapeur, qui se présente sous la forme d’une membrane plastique pour les toits-terrasses, va servir à empêcher le passage et la stagnation de la vapeur d’eau dans le plancher de votre toiture. Il sera généralement placé sur l’élément porteur, sous l’isolant évitant que de la condensation se forme dans la charpente. 

Bon A Savoir

L’élément porteur est la partie supérieure du bâtiment, dans le toit plat, qui va constituer le support du revêtement d’étanchéité, mais aussi souvent de l’isolation, qui supportera elle-même la membrane d’étanchéité.

Les différents coûts liés à l'isolation d'un toit-terrasse

Il existe plusieurs types d’isolants pour les toit-terrasses, souvent adaptés à l’élément porteur mis en place (bois, béton ou métal) et au revêtement d’étanchéité choisi (membrane bitumineuse, synthétique, PVC ou résine liquide) : 

  • La mousse polyuréthane, dont le prix varie entre 20 et 50 € par m² ;
  • La laine de roche, pour un coût compris entre 15 et 30 € par m² ;
  • La laine de verre, comptez alors entre 15 et 30 € par m² ;
  • Le polystyrène expansé, dont le prix varie entre 10 et 20 € par m² ;
  • Le polystyrène extrudé, pour un coût compris entre 20 et 30 € par m² ;
  • Le panneau de fibre de bois, dont le prix varie entre 30 et 50 € par m²,

Selon la destination de la pièce, un isolant sera privilégié par rapport à un autre. 

  • Pour un garage par exemple, il sera nécessaire que l’isolant soit résistant au feu, comme la laine de roche. 
  • Pour le toit d’une pièce habitée, la bonne performance acoustique de la laine de verre, laine de roche ou fibre de bois sera privilégiée ;
  • Pour garantir une performance thermique optimale, tout en limitant l’épaisseur du matériaut, on choisira des panneaux de mousse polyuréthane, ou de polystyrène extrudé qui ont les meilleures performances thermiques (conductivité thermique λ ou lambda). 

Le toit-terrasse peut être inaccessible, accessible aux personnes, avec des dalles sur plots par exemple, ou végétalisé. Dans tous les cas, l’isolant et le revêtement d’étanchéité devront être choisis en conséquence afin de garantir qu’il n’y ait aucune infiltration. 

  • Pour un toit inaccessible, le poids sera relativement faible, et l’isolant choisi pourra être de la laine de verre ou de la laine de roche pour résister au poids seul de l’étanchéité.
  • Pour un toit avec dalles sur plots, qui recevra des personnes, un isolant rigide comme la mousse polyuréthane, ou le polystyrène extrudé, sera privilégié car plus résistant à la compression. Certains panneaux de laine de roche, très denses, peuvent aussi convenir.
  • Pour un toit végétalisé, le poids du toit sera conséquent, et il faudra prévoir un isolant rigide adapté, en général de la mousse polyuréthane.

Selon l’isolant choisi, et son épaisseur, le coût pourra varier de 70 à 140 € le m², pose comprise, pour une isolation inversée. Mais le coût final englobe souvent le revêtement d’étanchéité, et alors le prix pourra s’en trouver impacté. Il faudra rajouter environ 50 € par m².

Demander un devis : les conseils Ootravaux

Les termes employés dans le devis ne sont pas toujours compréhensibles. Il est donc important de se faire préciser par le professionnel qui interviendra sur votre maison, souvent un étancheur, ou un couvreur ayant une spécialité en étanchéité. Chaque ligne devra vous être expliquée pour bien comprendre à quoi elle correspond.

Vous devrez veillez à retrouver obligatoirement certains éléments dans votre devis :

  • Type d’isolant employé ;
  • La résistance thermique de l’isolant ;
  • L’épaisseur de l’isolant installé ;
  • La mise en place d’un pare-vapeur ;
  • La surface à isoler ;
  • Le numéro ACERMI de l’isolant (car tous les matériaux que l’on peut vous proposer ne sont pas certifiés).
Bon A Savoir

La certification ACERMI, uniquement destinée aux isolants thermiques, délivrée par l'Association pour la CERtification des Matériaux Isolants, complète le marquage CE, et vérifie que les caractéristiques de performance inscrites sur les emballages par les fabricants d’isolants thermiques soient exactes.

Le devis comprendra souvent le revêtement d’étanchéité. Vérifiez bien que l’ensemble proposé dispose d’un Avis Technique. Cet Avis Technique vous protégera en cas de litige, et garantira que le couvreur ou l’étancheur dispose des connaissances requises dans ce type de toiture, et connaît bien la compatibilité des différents revêtements : élément porteur, pare-vapeur, isolant, étanchéité.

 

undraw_engineers_1.svg
Réaliser vos travaux d'isolation de toit-terrasse

Avec les artisans Ootravaux

Bon A Savoir

Un Avis Technique est un document certifiant les niveaux de performance atteints par un système constructif face à un ensemble de réglementations. Cet Avis Technique, document propre aux systèmes européens, est délivré aux fabricants par un organisme reconnu par l'État, le CSTB. En définissant clairement les limites d'emploi du procédé, l'Avis Technique garantit à son utilisateur le bon usage des produits. 

Les aides disponibles pour l'isolation d'un toit-terrasse 

Des aides existent uniquement dans le cadre de la rénovation, pas dans le cadre d’une construction neuve ou d’un agrandissement. La plupart de ces aides nécessitent que vos travaux soient effectués par un professionnel RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) :

  • Les aides des fournisseurs d'énergie (dispositif des Certificats d’Economie d’Energie CEE), qui peuvent aller jusqu’à 20 €/m². 
  • La prime MaPrimeRénov', qui remplace le CITE, pouvant atteindre 20 000 €.
  • Les subventions de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), qui peuvent atteindre jusqu’à 100 € par m².
  • L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), prêt à taux d’intérêt nul.
  • Les aides des collectivités locales : régions, départements, intercommunalités ou communes.
  • Pour l’ensemble des travaux d’isolation de la toiture-terrasse, dans le cadre d’une rénovation, le taux de TVA est réduit à 5,5 %.

Vous pouvez en outre cumuler plusieurs de ces aides, et le professionnel qui interviendra pourra vous remettre les documents nécessaires à l’obtention de certaines d’entre elles avant le début des travaux. 

Haut de page