Chaque hiver, le monoxyde de carbone refait surface comme un danger silencieux dans de nombreux foyers. Invisible, inodore, il agit sans prévenir et peut rendre malade en quelques minutes. Une simple panne, un conduit mal entretenu ou un chauffage d’appoint mal utilisé peuvent suffire à déclencher une intoxication parfois mortelle. Alors que les températures chutent et que nous utilisons encore plus nos appareils de chauffage, augmentant le risque d'une fuite de CO, quelques gestes d'entretien effectués en amont peuvent éviter le pire. Ootravaux vous explique comment profiter d’un intérieur bien chauffé sans risque, et quand faire appel à un professionnel pour sécuriser vos installations.
Le CO : de quoi parle-t-on ?
Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz incolore, inodore et non irritant, ce qui le rend impossible à détecter sans appareil dédié. Il se forme lors de la combustion incomplète de combustibles contenant du carbone, comme le gaz, le bois, le charbon, le fioul, l’essence ou le pétrole ou lorsqu’il manque d’air ou que l’appareil fonctionne mal. Sa densité est proche de celle de l’air, ce qui signifie qu’il se diffuse rapidement dans toutes les pièces d’un logement et peut s’accumuler sans aucun signe visible ou odeur particulière.
Monoxyde de carbone : que disent les chiffres et la loi ?
Chaque année en France, environ 3 000 personnes sont accidentellement intoxiquées au monoxyde de carbone et une centaine en décèdent (1), ce qui en fait l’un des principaux gaz toxiques mortels dans l’habitat. Les autorités sanitaires rappellent que ces intoxications surviennent le plus souvent dans des logements équipés d’appareils à combustion mal entretenus, mal utilisés ou installés sans ventilation suffisante.
Afin de réduire au mieux ces risques, la réglementation impose un entretien annuel des chaudières et appareils de chauffage à combustion, ainsi que le ramonage régulier des conduits de fumée, encadrés notamment par le décret n° 2023‑641 du 20 juillet 2023 et les textes relatifs à l’entretien des chaudières. Ces contrôles doivent être réalisés par un professionnel qualifié, qui vérifie le bon fonctionnement des équipements, mesure le taux de CO dans l’air ambiant et vous remet une attestation d’entretien à conserver précieusement.
Quels sont les appareils concernés dans la maison ?
Le CO provient surtout des appareils à combustion mal entretenus ou mal utilisés :
-
Chaudières et chauffe‑eau à gaz ou au fioul ;
-
Chauffages d’appoint non électriques (à combustion) ;
-
Braseros et barbecues à l’intérieur ou dans un espace mal ventilé ;
-
Groupes électrogènes utilisés dans ou à proximité immédiate du logement.
Par ailleurs, les moteurs de véhicules laissés en marche dans un garage fermé constituent aussi une source fréquente d’intoxication. Ce gaz ne vient pas des appareils strictement électriques (radiateurs électriques, plaques à induction, etc.).
Pourquoi l’hiver et les fêtes de fin d'année augmentent le risque ?
Entre novembre et mars, près de trois quarts des intoxications au CO surviennent, période où les systèmes de chauffage tournent à plein régime et où l’on aère moins les logements. Surtout, pendant les fêtes de fin d’année, les cheminées, poêles et appareils de cuisson fonctionnent plus longtemps, parfois avec des usages détournés pour chauffer une pièce. Les intoxications sont donc souvent liées à un manque d’aération et à un usage prolongé ou inadapté des appareils.
Symptômes, réflexes d’urgence et aide des pros
Des maux de tête, une grande fatigue, des nausées, des vomissements ou des vertiges, survenant rapidement chez plusieurs personnes ou animaux dans une même pièce, doivent faire penser à une intoxication au CO. Dans ce cas :
- Ouvrez aussitôt portes et fenêtres
- Coupez les appareils à combustion si possible,
- Evacuez les lieux puis contactez les secours : 15, 18, 112 ou 114 pour les personnes malentendantes.
- Pour fiabiliser votre installation (chaudière, conduit, poêle, ventilation) et sécuriser vos usages avant l’hiver, n’hésitez pas à faire réaliser un diagnostic et un entretien complet par un artisan chauffagiste ou un ramoneur qualifié.
Les bons gestes avec vos appareils de chauffage
Pour limiter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone, quelques gestes simples et indispensables peuvent faire toute la différence :
-
Faire vérifier et entretenir chaque année la chaudière, les appareils de production d’eau chaude et les conduits de fumée par un professionnel qualifié, avant la remise en route du chauffage.
-
Aérer le logement au moins 10 minutes par jour, même en hiver.
-
Ne jamais boucher les grilles de ventilation : VMC, bouches ou entrées d’air doivent rester dégagées.
-
Limiter l’usage des chauffages d’appoint non électriques à 2 heures maximum, et toujours dans une pièce bien ventilée.
-
Laisser à l’extérieur les barbecues, braseros et groupes électrogènes, en veillant à les placer loin des portes, fenêtres et bouches d’aération.
En adoptant ces quelques réflexes au quotidien, vous réduisez fortement le risque d’intoxication tout en gardant un logement confortable en hiver. Et pour vérifier que vos appareils de chauffage, vos conduits et votre ventilation sont vraiment sûrs, vous pouvez faire intervenir un artisan chauffagiste ou un ramoneur via Ootravaux : vous bénéficierez d'un bilan complet et de conseils personnalisés pour garder l’esprit plus tranquille durant toute la saison de chauffe !
(1) Ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités, fiche “Intoxications au monoxyde de carbone”, consultée le 15.12.2025, disponible sur sante.gouv.fr.
