L'été approche avec son cortège d'insectes indésirables. Plutôt que de multiplier les produits chimiques, certaines plantes carnivores transforment moustiques, mouches et même frelons asiatiques en engrais naturel.
Parmi les centaines d'espèces connues, six genres se prêtent particulièrement bien à la culture en pot : dionée, droséra, sarracénie, népenthès, utriculaire et grassette.
Des chasseuses naturelles pour votre terrasse
Ces végétaux fascinants ne se contentent pas de décorer : ils chassent activement les nuisibles. Vivant naturellement dans des tourbières pauvres en nutriments, ils complètent leur alimentation en capturant des insectes. Le principe est simple : attirer, piéger, digérer.
Quelle espèce choisir selon l'insecte visé ?
Toutes les plantes carnivores ne chassent pas les mêmes proies. Pour faire le bon choix, mieux vaut associer chaque espèce à l'insecte que vous souhaitez éliminer. Voici les principales à connaître.
| Plantes | Insectes ciblés | Particularités | Emplacement idéal |
|---|---|---|---|
| Dionée attrape-mouche | Mouches, moustiques, fourmis, araignées | Mâchoires qui se referment en moins de 0,1 seconde | Près d'une fenêtre ou d'un évier |
| Sarracénie | Frelons asiatiques, guêpes | Feuilles tubulaires au nectar parfumé très attractif | Balcon ou terrasse ensoleillée |
| Droséra | Petits insectes volants : moucherons, pucerons, petites mouches | Feuilles couvertes de gouttelettes collantes | Près d'une fenêtre lumineuse |
| Pinguicula (grassette) | Moucherons, pucerons, petites mouches | Très efficace contre les moucherons de fruits | Près de la corbeille de fruits |
| Népenthès | Mouches, moustiques et petits insectes volants | Urnes suspendues remplies de liquide digestif | Suspension dans un lieu lumineux et humide |
| Utriculaire | Larves de moustiques | Aspire ses proies en une fraction de seconde | Bassins et points d'eau |
À savoir : au Jardin des Plantes de Nantes, certaines urnes de sarracénies se sont retrouvées remplies de frelons asiatiques lors d'une année où trois nids se trouvaient à proximité. La preuve de leur redoutable efficacité quand les conditions s'y prêtent.
Comment bien les installer ?
L'emplacement est clé. Les dionées, droséras et pinguiculas prospèrent près des fenêtres et de l'évier. Sur un balcon ensoleillé, les sarracénies forment une barrière naturelle contre mouches et guêpes. Le népenthès, lui, se plaît en suspension dans un coin lumineux et humide.
Quelques règles d'entretien sont non négociables :
- Eau de pluie ou déminéralisée uniquement : le calcaire et les minéraux de l'eau du robinet finissent par tuer ces plantes ;
- Substrat tourbe et sable, jamais de terreau classique ;
- Pot posé dans une soucoupe d'eau pour maintenir l'humidité ;
- Plusieurs heures de soleil direct par jour.
Gestes simples et efficaces pour combattre les moustiques tigres
L'erreur à ne surtout pas commettre
Inutile de nourrir vous-même votre plante carnivore : elle capture seule ce dont elle a besoin. Lui donner de la viande, du fromage ou déclencher ses pièges pour le plaisir l'épuise et peut la faire pourrir. En intérieur comme en extérieur, laissez-la simplement faire son travail.
Autre point à anticiper : en hiver, la plupart de ces plantes entrent en dormance et semblent desséchées ou « mortes ». Pas de panique, c'est un cycle naturel : elles repartiront au printemps.
Où se les procurer ?
On trouve ces plantes en jardinerie, en pépinières spécialisées ou en ligne, généralement entre 8 et 25 € le pot selon l'espèce et la taille. Le printemps reste la meilleure période pour les acheter et les installer : la plante est en pleine croissance et s'adapte plus facilement à son nouvel environnement.
Bonne nouvelle pour les foyers avec animaux ou enfants : ces plantes sont sans danger pour les chats, les chiens et les humains. Leurs pièges ne représentent aucun risque, même en cas de contact.
Une aide précieuse, mais pas un remède miracle
Ces plantes ne sont pas sélectives : elles capturent aussi des insectes utiles. Elles permettront d'éliminer quelques moustiques et d'avoir quelques piqûres en moins cet été, mais restent une solution d'appoint naturelle et fascinante, à condition de ne pas attendre de miracles contre une invasion massive.