clim installée par un professionnel

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Le ronronnement du groupe extérieur qui se déclenche à l'aube et ne s'arrête plus, la chambre transformée en caisse de résonance dès que les beaux jours reviennent... Si ce scénario vous parle, vous n'êtes clairement pas seul ! Mais entre les idées reçues qui circulent sur internet et les vrais textes de loi, difficile de savoir où se situe la frontière entre bruit tolérable et nuisance caractérisée. On vous explique tout, sources à l'appui !

Oubliez les 25 décibels, ce n'est pas le bon critère

jeune femme pas en forme assise sous un climatiseur

Vous avez sûrement déjà lu qu'un climatiseur ne devrait jamais dépasser 25 décibels. Une affirmation qui circule énormément, mais qui ne correspond à aucun plafond absolu réellement imposé à l'équipement de votre voisin ! Il n'existe aucun plafond absolu en décibels pour le bruit d'un équipement chez un voisin, le critère réglementaire étant l'émergence, c'est-à-dire la différence entre le niveau de bruit ambiant lorsque l'appareil fonctionne et le niveau de bruit résiduel lorsqu'il est à l'arrêt. Voilà le véritable point de départ pour juger si une clim dépasse les limites.

Le vrai seuil légal à connaître

Le cadre juridique s'appuie sur plusieurs textes complémentaires. La réglementation applicable repose sur le décret du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage, complété par le Code de la santé publique, et le seuil légal fixé par l'article R.1336-7 de ce code autorise une émergence sonore de 5 dB(A) le jour et 3 dB(A) la nuit par rapport au bruit ambiant. Cette exigence plus stricte la nuit explique pourquoi un climatiseur qui tourne après 22 heures pose presque toujours un problème, même s'il paraît discret en journée ! L'arrêté du 9 janvier 1995 précise d'ailleurs que le bruit reçu dans le logement voisin ne doit pas dépasser le niveau sonore ambiant de plus de 5 dB(A) en période diurne et de 3 dB(A) en période nocturne, et un climatiseur peut émettre entre 40 et 65 dB(A) selon le modèle et le régime de fonctionnement, la norme NF S31-080 servant de référence pour évaluer ces émissions.

Respecter les seuils ne met pas totalement à l'abri

Voilà qui devrait surprendre plus d'un propriétaire ! Des décisions de justice, comme celle rendue par la cour d'appel de Paris en septembre 2022, retiennent qu'une unité extérieure installée à moins de 2 mètres d'une fenêtre voisine peut constituer un trouble anormal de voisinage, même quand l'émergence sonore est parfaitement respectée. Autrement dit, respecter les décibels ne suffit pas toujours : un bruit de climatisation devient illégal dès qu'il excède les inconvénients normaux du voisinage, ce qui s'apprécie selon son intensité, sa durée, sa répétition et le moment où il survient.

Que faire si la climatisation du voisin vous rend fou

clim installée par un professionnel

Avant toute démarche, privilégiez la discussion : votre voisin ignore peut-être la gêne qu'il provoque. Si le dialogue n'aboutit pas, deux options s'offrent à vous.

  • Solliciter un conciliateur de justice, une démarche gratuite et généralement imposée avant toute saisine du tribunal.
  • Faire constater objectivement l'émergence sonore par un professionnel équipé d'un sonomètre.

Du côté technique, des solutions existent aussi pour votre voisin : caissons anti-bruit, écrans isophoniques, déplacement du groupe extérieur ou choix d'un modèle plus silencieux.

Ce qu'il faut retenir avant l'été

Le bruit de climatisation n'est pas une fatalité, mais la loi ne fixe pas non plus un chiffre magique universel valable partout. Entre émergence sonore, distance d'installation et appréciation au cas par cas par les tribunaux, chaque situation mérite d'être évaluée avec précision, au besoin avec l'aide d'un conciliateur ou d'un professionnel du droit ! Enfin si c'est votre climatiseur qui fait du bruit, il s'agit peut être d'une panne, n'hésitez pas à consulter un professionnel.