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Un retraité est mort, un jeune ouvrier a été hospitalisé, et les témoignages de piqûres se multiplient : dans la Marne et les Ardennes, les frelons asiatiques marquent un été 2025 particulièrement tendu. Bien implanté en France, cet insecte invasif soulève des inquiétudes concrètes pour les particuliers comme pour les collectivités. Petit point, très factuel, sur ce qui s’est passé, sur ce que disent les spécialistes… et sur les gestes à adopter dans son jardin.

Un accident rarissime mais mortel à Fismes

Le 22 juillet 2025, un homme de 67 ans est décédé à Fismes (Marne), alors qu’il tondait sa pelouse. Selon les premières informations, il aurait roulé sans le savoir sur un nid de frelons asiatiques tombé au sol. Les insectes l’auraient piqué à une dizaine de reprises, provoquant une réaction fatale (1).

D’après François Lasserre, entomologiste et vice-président de l’Opie, cette issue est « extrêmement rare ». Il faut en général des dizaines, voire des centaines de piqûres pour provoquer la mort chez une personne non allergique. Mais dans certains cas, une attaque multiple ou un terrain fragile peuvent suffire. L’homme aurait été touché sur tout le corps, dans un contexte d’agression défensive de la colonie.

Le spécialiste rappelle que ces nuisibles — comme les abeilles ou les guêpes — ne piquent que pour protéger leur nid. En dehors, ils sont « inoffensifs dans 99,9 % des cas », même lorsqu’ils s’approchent des tables ou des habitations.

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Détruisez un nid de frelons asiatiques

Avec les experts Ootravaux

Une autre attaque dans les Ardennes, moins grave cette fois

Le lendemain, le 23 juillet, un ouvrier de 19 ans a été piqué à plusieurs reprises à Asfeld, dans les Ardennes. Pris en charge par les secours, il a été transporté en urgence relative à l’hôpital de Rethel (2).

Les pompiers ont procédé à la destruction complète du nid. D’après les premiers éléments, aucune complication allergique grave n’a été constatée, mais l’intervention rapide a été jugée nécessaire.

Là encore, le nid se trouvait dans une zone de passage ou d’activité humaine. Ce type de cohabitation involontaire augmente nettement les risques, surtout si le nid est caché sous un toit, dans un composteur ou au sol.

Un envahisseur installé, difficile à contenir

Introduit accidentellement en France en 2004, le frelon asiatique (Vespa velutina) est désormais présent dans toutes les régions, y compris en altitude et dans les zones urbaines. En 20 ans, il a colonisé la quasi-totalité du territoire.

Chaque colonie peut abriter jusqu’à 6 000 individus. Le danger principal reste la prédation massive des abeilles, mais les accidents domestiques se multiplient.

Des communes prennent les devants. À Brie-Comte-Robert, par exemple, la mairie finance la destruction des nids chez les particuliers. Une trentaine de nids ont été neutralisés en 2024, pour un budget de 6 000 euros. D'autres mairies laissent encore les habitants seuls face au problème.

Quelles précautions dans son jardin ?

La plupart des piqûres ont lieu quand on s’approche à moins de 5 mètres d’un nid. Certains nids sont visibles, dans les arbres, mais d’autres se forment au sol, dans des haies ou des greniers. Le bon réflexe est de :

  • observer les allées et venues de frelons (trajets en ligne droite vers un point fixe) ;

  • ne pas toucher soi-même au nid ;

  • contacter une entreprise agréée (les préfectures publient souvent une liste à jour) ;

  • maintenir une distance de sécurité, surtout pour les enfants.

Le recours à des pièges artisanaux est controversé : la plupart capturent aussi des insectes utiles. S’ils sont utilisés, c’est uniquement au printemps, pour cibler les reines fondatrices.

Enfin, des dispositifs alternatifs apparaissent : harpes électriques, appâts sélectifs, pièges à phéromones en cours de test. Mais aucun ne règle encore le problème à grande échelle.

Ce que retiennent les spécialistes

Même si l’émotion est forte après un décès, les entomologistes tiennent à rappeler que le frelon asiatique reste peu agressif… tant que son nid n’est pas menacé. Dans 99 % des cas, les piqûres sont isolées, bénignes et évitables. Mais l’identification rapide d’un nid et la prudence pendant les activités de jardinage sont désormais devenues des précautions de base, surtout en été.

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Détruisez un nid de frelons asiatiques

Avec les experts Ootravaux

 

(1) Franceinfo
(2) France 3 Régions