Ils se présentent comme des experts mandatés par la mairie. Leur promesse : des travaux quasi gratuits. La réalité ? Un piège à plusieurs milliers d'euros. Voici comment les repérer.
Un discours bien rodé... et totalement faux
On sonne à votre porte. La personne en face se présente comme « conseiller en habitat ». Elle évoque une mise à jour de votre diagnostic de performance énergétique (DPE) et affirme agir avec l'accord de votre mairie. Son discours est rodé, rassurant, et il va droit au but : vos travaux seraient largement financés par l'État, avec un reste à charge dérisoire. Si ça vous semble trop beau pour être vrai, c'est que ça l'est.
Un phénomène qui explose
La DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) a recensé 52 000 signalements liés à des arnaques à la rénovation énergétique en 2025, contre 27 000 deux ans plus tôt. Le phénomène a quasiment doublé.
Amiens Métropole a dû publier un communiqué officiel : aucun démarchage n'est réalisé en leur nom, ni par téléphone, ni à domicile. Erick Pasquier, vice-président de l'UFC-Que Choisir Amiens Somme, confirme que ces arnaques figurent désormais parmi les plus répandues en France, juste derrière celles liées à l'achat de véhicules.
Comment le piège se referme
Le scénario est toujours le même. Le démarcheur promet un maximum d'aides — MaPrimeRénov', certificats d'économie d'énergie (CEE) — pour faire baisser artificiellement le montant du devis. Il pousse à signer immédiatement, sans temps de réflexion.
Résultat : les aides promises ne sont jamais versées. Vous financez seul l'intégralité des travaux. Pire, certaines entreprises se font désigner mandataires pour percevoir les aides à votre place - et ne les reversent jamais.
Les méthodes se perfectionnent. À Lille, des habitants ont récemment été contactés par une fausse « Maison de l'Habitat Durable » dont la voix était générée par intelligence artificielle. D'autres fraudeurs proposent des aides fictives ou font signer des bons de commande déguisés en « documents sans engagement ».
Ce que la loi a changé en 2025
Depuis la loi du 30 juin 2025, tout démarchage non sollicité est interdit dans le secteur de la rénovation énergétique par téléphone, SMS, e-mail ou réseaux sociaux. Seule exception : un contrat déjà en cours avec l'entreprise. En cas de démarchage à domicile, vous disposez d'un droit de rétractation de 14 jours. Et si un contrat a été signé après un démarchage téléphonique illégal, vous pouvez saisir le juge civil pour demander son annulation.
4 réflexes pour vous protéger
- Ne signez jamais au premier rendez-vous. Un professionnel sérieux ne vous mettra pas sous pression. Prenez le temps de comparer.
- Appelez France Rénov' avant toute démarche. Ce service public gratuit (0 808 800 700) vous indique le montant exact des aides auxquelles vous avez droit, sans intermédiaire.
- Vérifiez le label RGE de l'entreprise sur le site france-renov.gouv.fr avant de vous engager.
- Signalez toute situation suspecte sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr) ou auprès de France Rénov'. Chaque signalement aide les autorités à repérer les fraudeurs.
La rénovation énergétique reste un levier précieux pour alléger vos factures. Mais un projet bien mené commence toujours avant le premier coup de marteau — par les bonnes vérifications.
Sources : France 3 Hauts-de-France (fév. 2025), economie.gouv.fr, France Rénov', Vie-publique.fr (loi du 30 juin 2025)

