L’hiver, le jardin ralentit… et la pelouse aussi. L’herbe pousse à peine, parfois plus du tout, et le gazon entre dans une sorte de sommeil réparateur. Pourtant, avec des hivers de plus en plus doux, une question revient souvent : faut-il encore tondre en hiver ?
La réponse n’est ni totalement oui, ni totalement non. Tout dépend du moment, de la météo et de la manière de s’y prendre. Faisons le point pour traverser l’hiver sans abîmer le gazon et lui offrir les meilleures conditions pour un beau réveil au printemps.
Le repos hivernal du gazon : une pause bien méritée
Entre décembre et février, le gazon ne cherche plus à pousser. Il concentre ses forces sous terre, au niveau des racines, pour résister au froid et à l’humidité. Dans la majorité des régions, la tondeuse peut donc rester au garage pendant cette période.
L’enjeu principal est de protéger le système racinaire. Une herbe laissée légèrement haute — idéalement entre 5 et 7 cm — agit comme un manteau naturel : elle limite les effets du gel, amortit l’humidité et protège le sol des variations brutales de température.
La dernière tonte avant l’hiver : une étape clé
La dernière tonte de l’année se fait généralement en novembre, parfois début décembre dans les régions les plus douces. Le sol est encore souple, l’herbe pousse lentement, mais suffisamment pour supporter une coupe.
Attention toutefois : il ne s’agit pas de raser la pelouse. Une coupe trop courte fragilise le gazon et le rend plus sensible aux maladies hivernales. On ajuste donc la hauteur de coupe pour nettoyer sans affaiblir.
Un conseil souvent négligé : ramassez les déchets de tonte. Laisser des résidus sur une pelouse humide favorise la prolifération de champignons et de maladies durant l’hiver.
C’est aussi le bon moment pour observer attentivement le gazon : apparition de mousse, zones clairsemées, traces de passages répétés ou dégâts causés par les animaux. Ces petits signaux seront précieux pour anticiper les travaux du printemps.
Peut-on tondre en hiver en cas de redoux ?
Avec les hivers plus doux, il n’est pas rare de voir l’herbe recommencer à pousser légèrement en janvier ou février. Dans ce cas, une tonte exceptionnelle peut être envisagée, mais sous conditions très précises.
On ne sort la tondeuse que si :
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les températures dépassent 10 °C en journée ;
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il n’y a pas de gel nocturne ;
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le sol est sec et non détrempé.
L’objectif n’est pas esthétique. Il s’agit simplement de maintenir une surface propre, de broyer les feuilles mortes et d’éviter qu’elles n’étouffent le gazon. On règle alors la tondeuse sur la hauteur maximale, et si possible, on utilise le mulching, plus doux pour la pelouse.
Les bons réflexes à adopter pendant l’hiver
Éviter le piétinement excessif
En hiver, le gazon est fragile, surtout lorsque le sol est gelé ou gorgé d’eau. Marcher dessus peut casser les brins d’herbe et laisser des traces visibles jusqu’au printemps.
Dans la mesure du possible, limitez les passages, utilisez les allées existantes ou installez quelques pas japonais dans les zones les plus fréquentées.
Profiter de l’hiver pour désherber et améliorer le sol
Bonne nouvelle : l’hiver est une période idéale pour le désherbage manuel. Sur un sol humide, les racines viennent plus facilement, et l’intervention est moins fatigante.
C’est aussi le moment d’améliorer la qualité du sol. L’épandage de chaux magnésienne permet de corriger l’acidité et d’apporter calcium et magnésium. Résultat : un terrain plus sain, moins favorable à la mousse, et un gazon plus vigoureux au printemps.
Chouchouter la tondeuse
Pendant que la pelouse se repose, la tondeuse mérite un peu d’attention. Nettoyez soigneusement le carter, retirez les résidus d’herbe, vérifiez l’état de la lame et protégez les parties métalliques contre la rouille.
Les robots de tonte, quant à eux, doivent être débranchés, nettoyés et stockés dans un endroit sec, à l’abri du gel. Ce petit entretien hivernal prolonge leur durée de vie.
Le retour de la tondeuse au printemps
La première tonte de l’année intervient généralement entre février et mai, selon la région et la météo. Le bon moment ? Lorsque la croissance reprend réellement et que les températures se stabilisent.
On commence prudemment, avec une hauteur de coupe de 3 à 5 cm, par temps sec et sans risque de gel. Cette première coupe sert surtout à stimuler la reprise et à redonner de l’uniformité au gazon.
Ensuite, on observe. Zones dégarnies, mousse persistante, sol tassé : le printemps est la saison idéale pour corriger ces petits défauts et retrouver une pelouse dense et équilibrée.

