Zoom sur une tique

Sommaire

Avec les premiers beaux jours, les tiques reprennent du service — discrètes, minuscules, et parfois porteuses de maladies sérieuses. Une vaste étude nationale livre un portrait inédit du risque "tiques" en France, qui invite à revoir nos idées reçues. Explications.

Une étude citoyenne nationale

Le programme CiTIQUE, piloté par l’INRAE avec l’université de Lorraine, VetAgro Sup et l’Anses, repose sur la participation de milliers de Français piqués entre 2017 et 2019. Ils ont envoyé 2 000 spécimens à un laboratoire dédié, analysés pour une vingtaine d’agents pathogènes. Il s'agit d'une base de données unique qui cartographie le risque partout en France.

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Ce que révèlent les tiques

Tire-tiques chat

Une tique sur quatre (27 %) porte au moins un agent pathogène dangereux pour l’humain. La majorité (94 %) est de l’espèce Ixodes ricinus, vecteur de la maladie de Lyme et d’autres bactéries plus rares comme Neoehrlichia ou Babesia. Les 6 % restantes (Dermacentor) sont souvent porteuses de Rickettsia (45 %), et 4,5 % cumulent plusieurs pathogènes. Le risque dépend de la souche, du temps de fixation et de l’immunité, mais il est plus diversifié qu’on ne le pense.

Surprise : même les larves sont infectées

Les larves, premier stade sans repas sanguin théorique, surprennent : 7,3 % portent Borrelia burgdorferi et peuvent transmettre Lyme, selon des études récentes. Une petite piqûre n’est donc pas anodine.

Elles ne se cantonnent pas aux forêts

Chemin de campagne avec herbes folles

Les tiques pullulent partout : jardins, parcs urbains, haies, herbes hautes. Tondre, tailler ou désherber suffit à les déranger. Elles prospèrent dans les zones ombragées et humides. Les données montrent d'ailleurs que les jardins représentent une part croissante des piqûres signalées : jusqu'à 47 % lors du confinement de 2020, quand les Français s'activaient chez eux faute de pouvoir sortir.

Le printemps, saison de la vigilance

Vaporisation de produit anti-tiques

Dès 7-8 °C, elles s’activent. Enfants et animaux sont les plus exposés, la prudence est donc de mise.
Cependant, quelques gestes simples limitent les risques :

  • Entretenir le jardin : herbe courte, feuilles ramassées, broussailles éliminées ;
  • Porter vêtements couvrants et clairs lors des travaux extérieurs ;
  • Inspecter peau, plis, cheveux et animaux après chaque sortie ;
  • Retirer la tique rapidement avec un tire-tique, sans l'écraser.

Une science participative utile

CiTIQUE enrichit une “tiquothèque” nationale grâce aux citoyens. Ces données aident médecins et autorités à cibler les zones à risque et affiner la prévention. La cartographie de Lyme guide ainsi les politiques publiques — vigilance quotidienne obligatoire !

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Sources :

(1) INRAE / Programme CiTIQUE, en partenariat avec l'université de Lorraine, VetAgro Sup et l'Anses. Résultats publiés dans la revue Ticks and Tick-borne Diseases.