Fermé depuis l’été, le guichet MaPrimeRénov’ rouvre ce mardi 30 septembre. Cette aide publique à la rénovation énergétique, largement plébiscitée ces dernières années, revient dans une version allégée. Objectif affiché : mieux cibler les bénéficiaires et éviter les dérives constatées au fil des mois. Tour d’horizon des nouvelles règles à connaître si vous envisagez des travaux.
Le dispositif fait son retour après une pause estivale
L’arrêt temporaire de MaPrimeRénov’ avait été décidé en juin dernier. En quelques mois, l’Agence nationale de l’habitat avait vu affluer un volume de dossiers difficilement soutenable. En parallèle, les signalements de devis gonflés ou de montages frauduleux s’étaient multipliés.
Ce gel du dispositif a été vivement contesté par les professionnels du secteur. Face à cette pression, les pouvoirs publics ont revu leur copie. Le guichet rouvre donc, mais avec des conditions plus strictes et des plafonds financiers revus à la baisse.
Des critères d’accès plus restrictifs
Désormais, seules deux catégories de ménages peuvent déposer une demande :
- Les foyers aux revenus très modestes, sur la base de leur situation en 2024.
- Les logements classés E, F ou G selon le diagnostic de performance énergétique (DPE).
Pour les ménages modestes, une réouverture progressive reste possible d’ici la fin de l’année, selon la dynamique des dépôts. Le calendrier est également réajusté : les dossiers déposés entre septembre et décembre 2025 seront examinés au cours du premier trimestre 2026. Tout cela reste soumis à l’adoption de la prochaine loi de finances.
Une baisse des montants financés
Jusqu’à présent, le plafond pour des travaux de rénovation globale pouvait atteindre 70 000 €. Cette somme est désormais limitée :
- à 40 000 € pour des travaux permettant un gain de trois classes énergétiques ou plus ;
- à 30 000 € pour un gain de deux classes.
Les aides ne couvrent plus certains postes, dont l’isolation des murs et l’installation de chaudières biomasse. Deux dispositifs jusqu’ici largement sollicités par les ménages, mais jugés moins prioritaires dans cette nouvelle version.
Le bonus sortie de passoire thermique est également supprimé. En revanche, le taux d’aide pour les foyers les plus précaires reste fixé à 80 % des dépenses éligibles.
Une enveloppe très limitée pour 2025
C’est l’un des changements les plus structurants : seuls 13 000 dossiers pourront être acceptés d’ici la fin de l’année. Un volume bien inférieur à celui des années précédentes, qui s’explique à la fois par des objectifs budgétaires resserrés et une volonté de mieux contrôler le déploiement du dispositif.
Cette limitation risque de créer un effet d’engorgement rapide. Les ménages concernés ont donc tout intérêt à anticiper leur démarche, quitte à devoir patienter jusqu’à l’an prochain pour un début effectif des travaux.
Des réactions contrastées dans le secteur
La relance de MaPrimeRénov’ dans un format réduit suscite des interrogations. Si la volonté de mieux encadrer l’usage des fonds publics est globalement saluée, les nouvelles exclusions posent question. L’arrêt du financement des chaudières biomasse, en particulier, passe mal chez les acteurs de la filière bois.
Même réserve du côté des collectivités locales, qui redoutent que ce recentrage laisse de côté certains ménages aux revenus intermédiaires. Ceux-ci n’ont pas toujours les moyens de financer seuls une rénovation performante, mais ne remplissent plus les critères pour bénéficier du dispositif.
Dans les faits, cette nouvelle version vise surtout à cibler les logements les plus énergivores et soutenir les foyers les plus fragiles. Un recentrage assumé, dans un contexte budgétaire contraint et alors que la rénovation énergétique reste un levier central de la politique climatique française.
