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Après deux années de creux, le marché de la piscine repart en 2026. Mais construire un bassin reste un vrai projet, qui se joue bien avant la première baignade : terrain, sous-sol, équipements, garanties, et d'abord le devis.

Pour vous aider à cadrer votre projet et à repérer un devis fiable, Ootravaux a interrogé Xavier Fourel, président du Groupe Aquilus Piscines & Spas, réseau d'une soixantaine de concessions qui construit environ 1 500 bassins par an. Marché, mini-piscines, devis, pièges à éviter : il répond à nos questions.

Les conseils à retenir 
  • Vérifiez d'abord que votre terrain est « creusable » (accès, sous-sol, nature du sol, PLU).
  • Sur le devis, distinguez prestations comprises et non comprises, et exigez l'assurance décennale spécifique piscine.
  • Fuyez le devis « trop beau » et entourez-vous d'un professionnel reconnu, assuré, avec pignon sur rue.

Un marché qui repart, des acheteurs plus variés

Ootravaux : Comment se porte le marché, après le boom du Covid ?

Xavier Fourel : Après le Covid, deux années très dynamiques ont mécaniquement entraîné un retrait en 2024 et 2025 : on ne construit pas deux fois le même bassin, et beaucoup de projets avaient été anticipés. Notre univers est celui du loisir, jamais un achat vital : le marché reste très sensible à la conjoncture. En 2026, la reprise est là. L'envie de piscine progresse, y compris sur des territoires comme la Bretagne ou la Normandie, très peu concernés il y a quinze ans.

Le profil des acheteurs a-t-il changé ?

Pas de portrait-robot unique, mais des constantes. Il faut un terrain « piscinable », et la dimension familiale ressort beaucoup : on fait volontiers une piscine pour les enfants, ce qui touche autant les jeunes parents que les grands-parents, en résidence principale comme secondaire. Ce n'est plus lié à une seule catégorie sociale : la piscine enterrée est devenue bien plus populaire, et bien plus accessible, qu'à une époque.

Mini-piscines, container, « tank » : effet de mode ou tendance de fond ?

mini piscine gamme XS par Aquilus

Comment expliquez-vous le boom des petites piscines ?

C'est un segment supplémentaire, pas une bascule de tout le marché. Les mini-piscines de moins de 10 m² séduisent par leur avantage administratif, pas d'autorisation de travaux (ce qui ne veut pas dire qu'on fait ce que l'on veut), et par la réduction des terrains en lotissement : une fois la maison posée, il ne reste parfois que 200 m².

Attention, ce n'est pas qu'une question de budget : on réalise aussi de petits bassins très équipés. C'est la contrainte de dimension qui fixe la taille, pas le plaisir que l'on met autour. Chez nous, le système est modulaire : il va du bassin de 3 mètres sur 2 jusqu'à 25 mètres de long, avec une gamme XS dédiée (voir photo ci-dessus).

Et les piscines « container » ou « tank » venues des États-Unis ?

Tout ce que l'on voit aujourd'hui ne tiendra pas dans le temps. Ces modes attirent des opportunistes, et certaines offres, sur la structure comme sur les équipements, auront une durée de vie très faible. Une piscine, ce n'est pas un trou que l'on remplit d'eau : c'est un métier.

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Avant de contacter un pro : les bonnes questions à se poser

Par quoi commencer pour bien cadrer son projet ?

Il faut raisonner en entonnoir. D'abord : puis-je creuser ? Cela dépend de l'accès pour un engin, de ce qui se cache dans le sous-sol (canalisations, réseau d'épandage) et de la nature du sol, car creuser dans la roche coûte - logiquement - plus cher que dans le sable.

Ensuite, la réglementation : PLU, règles de lotissement, zones particulières. Autant de questions à poser en amont, avec des réponses qui ne vont pas toujours dans notre sens.

Quelles erreurs de cadrage faut-il éviter ?

Une piscine est un projet de construction qui dure : le plus important est de trouver le bon partenaire, celui qui apporte la meilleure solution pour votre cas. Cela suppose de bien exprimer ses besoins et son usage, et de travailler avec quelqu'un qui vient voir le terrain : on ne confie pas un tel chantier à quelqu'un qui ne l'a pas vu.

Le pisciniste anticipe les difficultés ; la mairie et les voisins peuvent aussi renseigner. Un exemple de « piège », ce sont les nappes d'eau dont on ignore la profondeur : c'est rare, et il existe des solutions, pas toujours les plus simples.

Le devis : ce qui doit y figurer noir sur blanc

piscine aquilus

Quels sont les postes indispensables d'un devis sérieux ?

Le point à surveiller, c'est de distinguer les prestations comprises et non comprises. Le terrassement, par exemple, n'est pas toujours réalisé par le pisciniste : il peut y avoir plusieurs devis.

Comme les offres sont larges (filtration, traitement de l'eau, couverture), assurez-vous, au devis puis au bon de commande, que les produits retenus correspondent exactement à ce qui est vendu. Si vous sentez un « loup », faites préciser les choses.

Quelles garanties faut-il exiger ?

Si la construction est réalisée par un professionnel, il est tenu à une garantie décennale : c'est ce qui vous couvre sur la tenue du bassin pendant dix ans. Attention, tous les constructeurs ne l'ont pas pour la piscine. Un maçon peut être assuré en décennale pour une dalle, mais pas pour un bassin, en cas de souci, l'assureur ne suivra pas. S'y ajoute la garantie sur les équipements, légale, en général de deux ans.

Bon A Savoir

Réclamez l'attestation d'assurance décennale du constructeur, et vérifiez qu'elle mentionne bien la construction de piscines, pas seulement la maçonnerie.

Quel budget prévoir ?

La fourchette est large. Pour une piscine moyenne, de 6 × 3 ou 7 × 3,5 mètres, comptez plutôt entre 20 000 et 25 000 euros, terrassement, montage et étanchéité compris. On peut faire moins avec un bassin plus petit et des équipements réduits, comme bien plus avec une piscine très équipée.

Les pièges à éviter et le bon prestataire

Quels signaux doivent alerter dans un devis anormalement bas ?

Méfiez-vous d'un prix bas annoncé sans aucune contrainte, surtout si l'interlocuteur ne peut pas vous montrer une piscine déjà réalisée. Le vendeur qui vous promet, en mai, un bassin pour juin qui ne coûtera presque rien doit vous alerter. Prenez le temps de réfléchir.

Comment vérifier le sérieux d'une entreprise avant de signer ?

Demandez des clients référents, qui pourront témoigner, y compris sur la façon dont une difficulté a été réglée : ce qui compte, ce n'est pas qu'il n'y ait jamais de difficulté, c'est comment on la résout. Vérifiez que l'entreprise est assurée, qu'elle a pignon sur rue et qu'elle reste accessible, pas seulement après cinquante coups de fil.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Hors autorisation de travaux, la construction du bassin peut aller, au plus court, à trois semaines. Ce sont surtout les aménagements autour (terrasse, plantations) qui allongent les délais, cinq à six mois parfois, et relèvent en général d'un paysagiste.

Côté calendrier, les signatures se concentrent entre la fin de l'été et fin novembre, pour un bassin prêt au printemps ; février, avril et mai forment une seconde période forte. Un conseils : anticipez ! Signer à la fin de l'été, c'est se donner le temps de construire pour une mise à l'eau au printemps. Une piscine promise « pour le mois prochain » en pleine saison doit éveiller la méfiance.

 

Ootravaux remercie Xavier Fourel pour cet échange. Retrouvez l’actualité de Aquilus Piscines & Spas sur instagram. 

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Crédits photos :  Photo 1 - Concept XS ©T.Rousseau Photo 2 - Concept Swark ©FJI